Economie

Acteurs. L'avis de l'expert. Le Private Equity, oui mais en diversifiant

L'avis de l'expert.

Désormais, le private equity (investissement dans des sociétés non cotées) n'est plus réservé qu'aux très grandes fortunes, qui peuvent souscrire dès 250000 francs et jusqu'à 10 millions à de tels fonds. En effet, l'investisseur individuel peut acquérir les actions de certaines des sociétés investissant dans cette classe d'actifs, comme le groupe anglais 3i ou le suisse Partners Group, qui vient d'entrer en Bourse.

Les rendements du private equity font rêver. L'indice de référence LPX 50 a affiché une performance annualisée de 11% de janvier à 1994 à mars 2004, contre 9% pour le Nasdaq, et seulement 5% pour le MSCI World.

Mais n'oublions pas les risques. L'indice LPX 50 est très volatil et a connu une chute presque aussi spectaculaire que celle du Nasdaq en 2000. Cet effondrement simultané a contredit l'idée selon laquelle le private equity est décorrélé des marchés actions traditionnels. En réalité, la corrélation est particulièrement forte durant les baisses. Comme l'a expliqué le professeur Heinz Zimmermann de l'Université de Bâle, créateur de l¹indice LPX 50 , les actions des sociétés cotées investies en private equity montent plus fortement que le reste du marché en période de boom et baissent plus fortement lors d'une correction.

Comment investir sur ce type de marché? On ne peut pas, en effet, se baser sur les performances passées pour déduire le futur. Cet exercice est d'autant plus difficile, même pour les professionnels, que les opérations de private equity sont confidentielles et hasardeuses par nature. Il s'agit d'une activité où les fonds investis sont immobilisés sur une longue période, sans garantie de succès. Sur le plan boursier, ces caractéristiques se traduisent, en général, par une décote des titres par rapport à la valeur d'inventaire des fonds sous-jacents, qui n'est publiée qu'une fois par trimestre.

Par ailleurs, les résultats des investissements en private equity dépendent non seulement de l'habileté des gérants, mais aussi des risques spécifiques de leurs activités. On risque par exemple de se concentrer sur des sociétés dont les résultats ont bénéficié d'un marché haussier, mais qui sont à la veille d'un retournement, et d'écarter celles qui ont souffert de marchés défavorables et sont en train de sortir du tunnel.

Seule politique raisonnable: diversifier, en recourant aux produits indiciels, apparus depuis 2004. Citons le certificat émis par ABN Amro sur le LPX Major Market Index, indice qui couvre les 15 plus grandes sociétés cotées investies en private equity, ou le fonds indiciel de Société Générale Asset Management sur ce même indice. On peut aussi entrer via un fonds lancé par Swisscanto début 2006, qui investit au niveau mondial également dans les actions cotées de fonds de private equity, s'orientant fortement sur le LPX 50.

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