Economie

Acteurs. Un secteur sous la loupe. Banques: quelle sensibilité aux taux d'intérêt?

Un secteur sous la loupe.

La Réserve fédérale américaine, qui a effectué des hausses de taux successives depuis juin 2004, semble avoir atteint son objectif et pourrait observer une pause dans son resserrement. La Banque centrale européenne n'a relevé ses taux pour la première fois qu'en décembre 2005, puis trois fois cette année. La menace inflationniste ainsi qu'une conjoncture améliorée pourraient obliger la BCE à poursuivre le mouvement (scénario identique en Suisse).

Les banques sont très dépendantes de l'évolution des taux d'intérêt à court et long terme, puisqu'elles se financent notamment avec des dépôts (court terme) provenant de la clientèle et prêtent ensuite cet argent (court ou long terme), la différence correspondant à leur marge d'intérêts. Ainsi, l'impact de la poursuite d'un aplatissement de la courbe des taux pourrait altérer leur capacité bénéficiaire.

Toutes les banques ne subissent pas le même préjudice en fonction de leur activité. Ce sont principalement les banques de détail (banques cantonales par exemple), dont les revenus d'intérêts constituent la majeure partie de leurs produits, qui sont touchées. Alors que les établissements actifs dans la banque privée et la banque d'investissements (UBS, Credit Suisse par exemple) sont plus tributaires de l'évolution des marchés financiers.

Pour combattre cet aplatissement de la courbe des taux en Europe, les banques disposent de plusieurs possibilités. Elles peuvent compenser la hausse des taux sur les dépôts en augmentant les taux sur les crédits. Mais l'histoire démontre que l'augmentation du taux sur les dépôts est plus rapide que sur les crédits, donc avec un impact négatif sur les résultats à court terme. Une deuxième solution consiste à accroître les volumes pour compenser l'effet négatif sur la marge d'intérêts. Une troisième voie pourrait être la réduction des coûts, mais les cures d'amaigrissement ont déjà été effectuées ces dernières années pour la majorité des banques

Si l'aplatissement de la courbe est globalement préjudiciable pour le secteur, l'impact sur les résultats devrait être négligeable. En effet, différentes techniques d'immunisation des actifs et passifs du bilan permettent de s'en prémunir. Reste que, même si le métier de banquier requiert un esprit cartésien et analytique, il peut parfois paraître proche de la voyance ou de l'astrologie avec son lot d'incertitudes dans les prévisions futures.

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