Economie

Acteurs. Un secteur sous la loupe. Des substituts pour les sociétés pétrolières?

Un secteur sous la loupe.

En 1956, le professeur K. Hubbert, géologue et responsable des recherches chez Shell, avait prévu à juste titre que la production de pétrole aux Etats-Unis atteindrait son pic vers 1970 et déclinerait ensuite. En appliquant sa méthodologie à la production mondiale d'or noir, le pic devrait se produire vers 2010. Cependant, les experts du secteur pétrolier estiment qu'il n'y a rien à craindre durant quelques décennies. Ces allégations reposent sur le potentiel des ressources en Russie, en Afrique et au Venezuela, sur celui des sables bitumineux ainsi que sur les découvertes possibles grâce à des techniques sismiques avancées.

La fourchette temporelle des estimations du pic est donc très large. De plus, les évaluations sur les réserves pétrolières ont une visibilité limitée. En Russie par exemple, ces données sont considérées comme un secret d'Etat.

Face à la perspective du déclin de la production, à l'augmentation de 50% de la demande d'énergie d'ici à 2030 et à la rentabilité croissante des énergies de substitution, les sociétés pétrolières ne sont-elles pas déjà en train de songer à d'autres options?

Il s'avère que les majors européennes développent des activités dans les énergies dites alternatives, et ceci pas uniquement dans un but de marketing (image écologique). Dans le domaine des biocarburants, Total est le leader en Europe avec 11 unités de production et de raffinage. La société développe aussi la production de biodiesel de deuxième génération en collaboration avec Neste Oil, propriétaire de cette technologie. En Espagne, en regard d'Abengoa premier producteur d'éthanol en Europe, Repsol annonce des objectifs ambitieux dans la production de biodiesel et d'éthanol, entre autres par des joint-ventures avec Acciona. Quant à BP, elle déploie des efforts dans le solaire et les éoliennes. Troisième producteur d'équipements solaires, la société vise à tripler ses ventes en 3 ans et à augmenter ses capacités éoliennes pour passer de 30MW en 2006 à 450MW en 2008. Shell ne reste évidemment pas en retrait.

Certes, les sociétés pétrolières investissent aujourd'hui encore un pourcentage très modeste dans les énergies alternatives. Etymologiquement, «alternative» veut dire qui vient tour à tour. Le début de l'actuelle transition énergétique est également basé sur des sources d'énergies développées dans un passé lointain et récent: les moulins à vent déjà utilisés par les Perses (700-330 av. J.-C.), le charbon dont les réserves sont censées durer 250 ans avec le niveau de consommation actuel, et le nucléaire. Aujourd'hui nous assistons à leur retour, notamment par le biais du repositionnement des sociétés pétrolières qui, face à l'épuisement certain des gisements, n'ont pas d'autre choix.

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