L’action Credit Suisse a continué d’accentuer ses pertes en milieu d’après-midi, cédant plus de 5,5% à 51,1 francs peu après 15 heures. Avec un bénéfice net de 2,05 milliards de francs entre janvier et mars, la banque réalise pourtant le second meilleur résultat trimestriel depuis un an. En 2009, seul le troisième trimestre (2,4 milliards) a été davantage profitable pour l’établissement. Dans l’ensemble, les chiffres au premier trimestre sont légèrement inférieurs aux 2,15 milliards escomptés par le consensus des analystes de l’agence AWP.

Avec 26 milliards de francs, l’afflux net de nouveaux capitaux est, lui, plus élevé que prévu. L’argent frais atteint même 18,6 milliards pour la seule division Private Banking, nettement davantage que les 13,5 milliards escomptés par les analystes. Il se monte à 12,9 milliards dans les activités de gestion de fortune proprement dites, le niveau plus élevé depuis début 2009. En revanche, la marge brute affichée par le segment de la gestion de fortune a été inférieur aux attentes, soulignent la Banque cantonale de Zurich (BCZ) et Helvea.

Cela suffit-il à expliquer le fort recul du titre? Dans les commentaires des analystes, une certaine déception est perceptible en ce qui concerne les activités de banque d’investissement. Avec un résultat avant impôts de 1,8 milliard de francs, la division de banque d’affaires affiche certes une rentabilité proche de celle des trois premiers trimestres de 2009. Les analystes escomptaient toutefois un bénéfice avant impôts de l’ordre de 2 milliard pour le premier trimestre. Helvea et la BCZ relèvent tous deux que les revenus de la banque d’investissement ont été légèrement inférieurs aux attentes.

Plus globalement, Credit Suisse n’a pas su apporter de «surprise positive» aujourd’hui, relève Kepler Research. En l’absence de chiffres meilleurs que prévu, les investisseurs semblent désormais préférer prendre leurs bénéfices