L’assemblée générale d’UBS n’a certes pas attiré jeudi une foule comparable à celle des années 2008 et 2009. Néanmoins, les 3340 actionnaires qui se sont rendus au Hallenstadion de Zurich ont exprimé clairement leurs revendications à l’adresse de la première banque helvétique. La question des rémunérations et la perte de près de 2 milliards de francs causée par un trader à Londres en septembre ont été deux thèmes récurrents cités par les intervenants lors d’une assemblée de plus de six heures d’affilée.

Le vote sur la décharge accordée aux membres du conseil d’administration pour l’exercice 2011 a cristallisé la plus forte proportion de refus. Au final, elle a été acceptée par seulement 52,8% des voix exprimées par les actionnaires, comparées à 39% de voix contre et 8% d’abstentions.

Autre objet très attendu, le vote consultatif sur les rémunérations a été approuvé par 60% des voix exprimées. Près de 37% des votants s’y sont opposés, alors que 3% se sont abstenus. En comparaison, chez Credit Suisse, seules 31% des voix s’y étaient opposées vendredi. A l’issue du vote, Kaspar Villiger, le président du conseil d’administration, a réagi en soulignant que la banque «prenait ce résultat au sérieux». Dominique Biedermann, directeur de la fondation Ethos, qui avait appelé à voter contre le rapport de rémunération, s’est félicité du résultat. «Les actionnaires démontrent ainsi qu’ils ne sont plus d’accord pour cautionner un système de rémunération excessif», a indiqué Ethos. Les critiques se sont concentrées d’une part sur la rémunération de 6,4 millions de francs accordée au nouveau directeur général Sergio Ermotti. Quant aux reproches adressés à la prime d’entrée accordée à Axel Weber, soit 200 000 actions UBS, Kaspar Villiger les a justifiées en précisant qu’il s’agissait d’un engagement à long terme. Malgré les nombreuses critiques formulées sur ce point, l’élection du nouveau président d’UBS a été approuvée par 98,8% des voix.

A l’issue de l’assemblée générale, Axel Weber s’est exprimé sur les différents résultats des votes de la journée. Dans un style très direct, l’Allemand né en 1957 a aussi promis de prendre au sérieux les critiques adressées sur le rapport de rémunération. En revanche, il n’a exprimé aucun regret à propos du paquet de 2 millions de francs qui lui a été accordé lors de son engagement. Selon lui, la poursuite de la réduction des actifs à risque du bilan figure parmi les priorités d’UBS. La banque doit aussi placer la gestion de fortune au cœur de sa stratégie et doit être numéro un sur le marché suisse en tant qu’établissement complet. Des propos qui rejoignent ceux tenus par Sergio Ermotti. «Nous allons davantage nous concentrer sur nos activités internationales de gestion de fortune ainsi que les activités domestiques sur le marché suisse», a-t-il souligné.

Une preuve peut-être que le futur duo aux commandes d’UBS fonctionne. A cet égard, Axel Weber a insisté sur le fait «qu’il connaissait Sergio Ermotti depuis de nombreuses années». «Dès sa nomination, il a été parfaitement clair pour moi que Sergio Ermotti était le bon candidat pour présider UBS», a jugé utile de préciser le nouveau président de la banque.

Chez Credit Suisse, seuls 31% des votants ont refusé le rapport sur les rémunérations