La nouvelle direction du constructeur d'automobile japonais Nissan a été approuvée lors d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, qui s'est tenue mardi au siège du groupe à Yokohama en banlieue de Tokyo.

La longue séance, retransmise sur le site internet de Nissan, est censée valider le début d'une nouvelle ère, mais les actionnaires sont échaudés. Ils ont néanmoins approuvé la nomination de quatre nouveaux membres du conseil d'administration, dont le nouveau directeur général Makoto Uchida.

Les autres sont le nouveau directeur opérationnel, Ashwani Gupta, transfuge de Mitsubishi Motors, un adjoint du directeur général, Hideyuki Sakamoto, et un administrateur de Renault, Pierre Fleuriot, siégeant comme membre externe.

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Les espoirs reposent sur Makoto Uchida

Renault, actionnaire de Nissan à hauteur de 43%, a apporté un vote positif aux résolutions qui mettent également fin officiellement aux mandats d'administrateurs du précédent directeur général, Hiroto Saikawa, et d'un autre ex-pilier, Yasuhiro Yamauchi.

«Une amélioration tangible (de la situation du constructeur) se fait attendre alors que Nissan doit maintenir un haut niveau de dépenses en recherche et développement», souligne l'analyste Tatsuo Yoshida, de Bloomberg Intelligence. C'est la mission de Makoto Uchida.

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Il avait été nommé après le départ fracassant de Hiroto Saikawa en septembre, ce dernier ayant été rattrapé par une affaire de primes perçues en excès du temps où Carlos Ghosn était aux commandes.

Des actionnaires échaudés par les mauvais résultats

Alors que le constructeur a encore abaissé la semaine dernière ses prévisions 2019/20, face à une chute plus forte que prévue de ses ventes au troisième trimestre, Makoto Uchida a reçu une volée de critiques de la part des petits porteurs pendant l'assemblée.

«Je suis actionnaire de Nissan depuis près de 20 ans. Vous devez revoir tout ce que vous faites. J'ai 3.000 actions de Nissan. Makoto Uchida, vous en avez 2.000. J'en ai plus que vous!", a crié l'un d'eux. «Je les ai achetées 800 yens. Je n'aurais jamais pensé qu'elles tomberaient sous 700 yens, elles sont à moins de 500 yens (4,20 euros) à présent. Qu'en pensez-vous? Dois-je les vendre?", a-t-il lancé.

«Actionnaires, laissez-nous du temps. J'apprécie votre patience (...) Je veux que Nissan s'améliore. Toute la direction, dont moi, prenons la situation très au sérieux et y travaillons", a déclaré M. Uchida, arrivé aux commandes le 1er décembre.

Des ventes en baisse

Au troisième trimestre, son résultat net a même glissé dans le rouge à hauteur de 26,1 milliards de yens (-218,4 millions d'euros), contre un gain de 70,4 milliards de yens un an plus tôt. En annonçant ses résultats jeudi dernier, le constructeur a renoncé à payer un dividende à la fin de son exercice annuel.

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L'action Nissan était en baisse de 1,39% à 495,90 yens mardi après l'assemblée, vers 6 h 20 (heure en Suisse), pour un indice vedette Nikkei en recul 1,51%.

Nissan est aux abois depuis l'arrestation et l'inculpation fin 2018 de Carlos Ghosn qui menait l'entreprise depuis près de 20 ans.