Gouvernance

Les actionnaires restent encore trop passifs aux yeux de ZRating

Selon une étude, le taux de participation aux assemblées ne croît que graduellement. ZRating propose de verser un dividende spécial aux plus actifs des actionnaires

Les actionnaires restent encore trop passifs aux yeux de ZRating

Gouvernance Selon une étude, le tauxde participation aux assemblées ne croît que graduellement

ZRating propose de verser un dividende spécial aux plus actifs des actionnaires

Deux ans après l’acceptation de l’initiative Minder, le degré de participation des actionnaires aux assemblées générales a certes augmenté mais il apparaît toujours trop faible aux yeux de ZRating, qui a présenté une étude sur ce thème mardi à Zurich. Michael Otte, responsable des questions de gouvernance d’entreprise de la société de services aux actionnaires, observe une «nonchalance» de la part des actionnaires, aussi bien en matière d’exercice de leurs droits de vote qu’en ce qui concerne la politique de rémunération des sociétés cotées en bourse.

Cette année, 60% des droits de vote ont été représentés pour les sociétés du SMI, qui regroupe les poids lourds de la bourse suisse, et 64% pour celles du SPI. L’expert cite les exemples de Credit Suisse et d’UBS, où la part des actions encore non inscrites au registre des actionnaires a atteint respectivement 39 et 38% à fin décembre 2014.

L’initiative dite «Contre les rémunérations abusives» a eu des effets sur la politique salariale des dirigeants en éliminant les valeurs extrêmes, estime la société zougoise. En moyenne, les présidents du conseil d’administration des dirigeants des sociétés du SMI ont gagné 2,58 millions de francs au titre du dernier exercice (2,96 millions un an plus tôt). Pour les directeurs, la tendance est inverse: la moyenne a progressé à 7,9 millions l’an dernier (7,6 millions) pour les firmes du SMI, alors qu’une légère baisse est observée pour les autres sociétés (1,9 million, contre 2 millions). Globalement, les auteurs de l’étude soulignent l’amélioration de la transparence en matière de politique salariale.

La possibilité accordée aux actionnaires de voter, de manière contraignante depuis cette année, n’a toutefois pas fait trembler les dirigeants des sociétés du SMI. Lors des assemblées qui ont eu lieu en 2015, les rémunérations accordées aux membres du conseil d’administration ont été approuvées à hauteur de 93,1% en moyenne, alors que cette part a atteint 92,3% pour ceux de la direction. Comment encourager les actionnaires à être plus actifs? Une solution, envisagée dans le cadre de la révision du droit des actionnaires, serait de permettre aux sociétés de verser un dividende supplémentaire à ceux qui font un usage actif de leurs droits de vote. Pour Michael Otte, une telle rémunération additionnelle constituerait un contrepoids à celle qui est parfois proposée lors du prêt de titres à d’autres investisseurs («security lending»).

Globalement, ZRating observe des progrès parmi les différents «chantiers» en cours en matière de gouvernance d’entreprise. Outre les critiques formulées à l’encontre de la clause dite d’«opting-out» – celle qui a permis à Saint-Gobain de reprendre un paquet appartenant aux héritiers des fondateurs de Sika sans devoir soumettre d’offre aux autres actionnaires –, la société s’inquiète des faibles droits accordés aux propriétaires de titres en cas de retrait d’une société de la bourse. Le conseil d’administration peut décider à sa guise de retirer les actions du marché, déplore ZRating. Elle exige que la décotation des titres d’une société soit à l’avenir obligatoirement soumise à l’assemblée générale.

Globalement, la société de conseil, qui sera intégrée au sein d’Inrate d’ici à fin mai, attribue dans son classement 2015 un score de 67 points aux sociétés passées en revue (68 points en 2014). Les firmes les mieux notées sont dans l’ordre Forbo, Geberit et Ascom. En queue de peloton figurent CFT Tradition, Pargesa et Dufry.

«Le conseil d’administration peut décider, à sa guise, de retirer les actions du marché»

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