Près de 5000 actionnaires se sont rendus mercredi à Zurich pour prendre part à l’assemblée générale d’UBS, la cinquième en un an. Comme lors des assemblées précédentes, des personnes retraitées ont en majorité fait le déplacement du Hallenstadion, mais pas seulement. Des jeunes cadres, de simples curieux mais aussi des employés d’UBS ont aussi tenu à participer à l’événement.

Parmi les objets votés, à titre consultatif, par l’assemblée, le nouveau système de rémunération a été adopté à 90% des voix. Il prévoit notamment que la part variable des rémunérations se compose d’un système de bonus-malus et d’un plan de participation en actions. La fondation Ethos, qui regrette que ce modèle autorise encore une part variable aussi importante que 80 ou 90% du revenu total, avait appelé à le rejeter.

Loin des pitreries qui ont fréquemment caractérisé les précédentes assemblées générales, les remarques des intervenants ont le plus souvent été précises. Pour son dernier jour en tant que président, Peter Kurer, qui maîtrise désormais parfaitement l’exercice, n’a du reste pas hésité à couper la parole aux intervenants qui tendaient à trop s’attarder au pupitre.

Parmi ceux-ci, on retrouve de nombreux habitués. Ainsi, Thomas Minder, auteur de l’initiative contre les rémunérations abusives, s’en est pris à ce qu’il considère comme le versement de prime à l’embauche, comme cela a été le cas pour le directeur de la banque d’affaires Jerker Johansson, tout comme aux bonus attribués aux cadres supérieurs d’UBS en début d’année malgré les pertes record affichées par l’établissement. De tels agissements prouvent que la direction d’UBS n’a «pas encore compris à quel point la situation actuelle est sérieuse», reproche l’entrepreneur schaffhousois. Malgré tout, il souhaite «plein succès» au nouveau directeur Oswald Grübel. En réponse à son intervention, Peter Kurer, précise qu’il considère le versement attribué à Jerker Johansson comme une compensation versée pour le renoncement à ses fonctions précédentes et non pas en tant que prime à l’embauche. Il précise par la même occasion que le salaire qui continue d’être versé à Marcel Rohner, qui a quitté ses fonctions en février, ne correspond pas à un parachute doré mais respecte simplement les obligations définies par son contrat.

De son côté, Roby Tschopp, directeur d’Actares, qui défend les principes d’une économie durable, estime que les problèmes récents rencontrés par UBS sont avant tout la conséquence d’un «manque complet d’éthique». Et d’interroger la direction d’UBS: «Etes-vous prêts à soumettre la banque à un examen éthique en plus du rapport annuel?»

Hans-Jakob Heitz, qui représente une association de petits actionnaires en Suisse alémanique, estime qu’UBS doit aujourd’hui placer les clients véritablement au centre de ses préoccupations plutôt que de «chasser des commissions». «Monsieur Grübel, vous avez toute ma confiance», a-t-il ajouté à la fin de son discours.

Très revendicative comme à son habitude, Brigitta Moser, qui est déjà intervenue lors des autres assemblées précédentes, a, elle, carrément appelé les actionnaires à refuser d’approuver le rapport annuel des comptes du groupe.

Fait plutôt inhabituel, plusieurs intervenants ont aussi pris la parole simplement pour encourager Oswald Grübel dans ses nouvelles fonctions. Plusieurs des interventions du nouveau patron d’UBS ont été saluées par des applaudissements.