Jusqu'à présent, les actionnaires allemands étaient bien traités par le fisc. Le produit de la vente d'un titre n'est pas imposé, à l'exception des actions vendues moins d'une année après leur achat. Dans ce cas de figure typique d'une opération spéculative, 50% du bénéfice est taxé comme n'importe quel revenu. Le Ministère des finances projette de supprimer le délai spéculatif pour imposer à l'avenir tous les bénéfices issus de la vente d'actions. Gain espéré: 1,5 milliard d'euros d'ici à 2006.

«Ce sont des revenus comme les autres», a justifié le ministre des Finances, Hans Eichel, dans un entretien au Spiegel. A ses yeux, il ne s'agit pas d'augmenter les impôts mais bien d'abolir un privilège fiscal et de rétablir l'égalité de traitement avec «ceux qui ne disposent que du revenu de leur travail». En revanche, les entreprises pourraient continuer à vendre leurs participations dans une société sans annoncer ce gain extraordinaire au fisc.

Enfin, le débat est ouvert sur la réintroduction d'un impôt sur la fortune – il a été biffé au milieu de la décennie 90 – et sur le renchérissement de l'impôt sur les successions. Le chancelier Schröder a signalé son désaccord de principe sur l'imposition de la fortune. Son ministre des Finances se tient pour l'instant en retrait. Les impulsions sont données par les ministres-présidents sociaux-démocrates. Ces chefs de Land envisagent d'agir au sein du Bundesrat, la Chambre des Etats régionaux. Ces deux impôts devraient directement renflouer leurs caisses vides.