La dynamique «achetez l'Asie!» pourrait s'essouffler. Car elle a gonflé, parfois plus que les fondamentaux des économies ne le justifient, certains marchés d'actions d'Asie-Pacifique, à commencer par celles chinoises. A Hong Kong, l'indice Hang Seng des actions H s'est envolé de 45,5% ces douze derniers mois, et le volume quotidien sur ce marché a triplé lors des six derniers mois. Les actions A cotées à Shanghai (réservées aux locaux et aux «institutionnels qualifiés», qui incluent désormais la plupart des banques internationales) ont gagné 20%. Et les valorisations? Trop élevées, estiment les analystes de Swissca, du Credit Suisse Private Banking et de Mellon Asia Equity, sondés par la HandelsZeitung. D'un ratio cours/bénéfices (P/E) de 8 au début de 2001, les actions H sont passées à un P/E de 15. A ce niveau élevé des cours, les investisseurs en actions chinoises risquent une correction baissière.

Risque de correction

A Shanghai, les évaluations sont encore plus fantaisistes, si l'on en croit Bloomberg: les actions A se traitent à un P/E de 39, et les actions B (ouvertes aux investisseurs étrangers) à un P/E de 51. De quoi s'inquiéter d'une bulle spéculative, alimentée par la vague sans précédent d'entrées en Bourse (IPO).

Lors de l'IPO de China Life (cotée en décembre à Hong Kong et à New York), les actions se sont envolées de 27% le premier jour de cotation à New York. Le prix d'émission rapporté aux fonds propres dépassait déjà celui des rivaux français Axa et américain MetLife. Une autre IPO chinoise, Ctrip.com International, a démarré avec une hausse de 89% le premier jour. En raison de la très forte demande pour l'acier en Chine, Hebei Jinxi Iron & Steel, active dans ce secteur, a vu la valeur de ses titres multipliée par trois l'an dernier. Ailleurs en Asie, les Bourses thaïlandaise (+88,7% sur les douze derniers mois), indonésienne (+92%) et taïwanaise (+33%) ont aussi connu une envolée.