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Lem Holding est la première position de SaraSelect, le meilleur fonds en actions suisses (ici un exemple de nouveaux transducteurs, lesquels convertissent un signal physique en un autre).
© Lem Holding

Fonds de placement

Les actions des meilleurs gérants

Le meilleur fonds en titres suisses (small and mid caps) est géré par un Valaisan de Zoug. Dans ses choix, il fait surtout confiance aux entreprises familiales, dont plusieurs romandes. Le meilleur fonds en grandes valeurs privilégie AMS, qui profite de l’expansion d’Apple

Que rêver de mieux que de détenir l’action qui obtient la meilleure performance? Urs Beck, gérant du fonds New Capital Swiss Select pour EFG Asset Management, a cette chance. Le titre AMS, un fabricant autrichien de semi-conducteurs coté en Suisse, a gagné 160% en un an. Ce groupe, dont Apple serait un gros client, occupe la première position de son portefeuille. A son avis, le potentiel n’est de loin pas épuisé. «La bourse évalue son taux de croissance à 30%, alors qu’il devrait dépasser ce chiffre», révèle-t-il.

Roche, Swiss Life et Swiss Re

Dans la catégorie des grandes capitalisations, ce fonds a l’avantage d’être le plus performant en actions suisses sur un an (+30%) et sur trois ans (+13,8% par an), selon l’agence Morningstar. Urs Beck l’a conçu et le gère depuis son lancement en mars 2014. Le fonds a gagné 13,8% par an sur trois ans, contre 5,88% pour l’indice.

La deuxième position est Autoneum (+19%), un sous-traitant automobile de Winterthour, spécialisé dans la protection acoustique et thermique. «Je ne crois pas qu’avec les nouveautés de Tesla l’industrie pourra renoncer aux protections thermiques et acoustiques», avance Urs Beck.

La principale décision du gérant, à son avis, a été d’éviter Nestlé parce que d’autres entreprises ont un taux de croissance bénéficiaire bien supérieur au groupe veveysan pour une valorisation identique. Parmi les poids lourds de la cote, il détient toutefois Roche, ainsi que Swiss Life, Swiss Re, Swatch et ABB.

Exploit d’un fonds durable

AMS est par ailleurs la cinquième position du deuxième meilleur fonds de petites et moyennes capitalisations suisses, le GAM Swiss Sustainable Companies.

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La performance de ce fonds corrobore l’idée selon laquelle la rentabilité d'un portefeuille adoptant les principes de durabilité est au moins aussi élevée que pour un autre. Ce fonds géré par Thomas Funk présente un rendement de 40% sur un an et de 70,55% sur trois ans. Les plus grandes positions sont Temenos (+72% sur un an), Partners Group (+46%), Straumann (+80%), Logitech (+38%) et AMS.

Thomas Funk nous explique que «depuis vingt ans, GAM intègre l’approche bionique [utilisation d’un phénomène naturel dans la construction d’un produit, ndlr] dans l’analyse de durabilité des entreprises». AMS, Partners Group et Temenos disposent tous trois de ce type de qualité. Pour un investisseur, c’est une promesse de marge élevée et d’une croissance supérieure à la concurrence, ajoute-t-il.

AMS est aussi la troisième plus grande position du GAM Multistock – Swiss Small & Mid Cap Equity, le troisième meilleur fonds en actions suisses (catégorie small & mid caps), selon Morningstar.

Un Valaisan à Zoug en tête du classement

AMS n’appartient pas au portefeuille de SaraSelect. Cela n’empêche pas ce dernier d’être le meilleur fonds en actions suisses, selon Morningstar, dans la catégorie des petites et moyennes capitalisations (+41% sur un an, +26% par an sur trois ans). Ce fonds de 724 millions de francs d’actifs est géré depuis 2009 par Marc Possa, directeur de VV Vermögensverwaltung, à Zoug. Ce Valaisan d’origine ignore la composition de l’indice et s’en éloigne fortement (tracking error de 7).

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Après deux années difficiles, il surperforme largement. «Cela prouve l’inefficience des marchés financiers», nous déclare le gérant. «Il faut rester patient pour que la qualité d’une société soit reconnue», ajoute-t-il.

Marc Possa fait confiance aux entreprises familiales ou ayant un actionnaire de référence, comme Bell, et les garde généralement longtemps, à l’image de Warren Buffett. «Elles permettent un alignement des intérêts avec les investisseurs minoritaires», explique le gérant. Malgré le rendement de l’an dernier, ses meilleures positions disposent d’un bon potentiel, à son avis.

Cette philosophie s’exprime dans le choix des plus grandes positions, à commencer par la première, Lem (+90%), un groupe familial de 1400 collaborateurs, spécialisé dans les transformateurs de courant et de tension. Sa deuxième position principale est Bobst (+78%), sa troisième Bossard (+55%), dans les pièces de fixation, devant Also (+47%), un distributeur de produits informatiques, et Sika (+65%).

Les grandes banques et l’indice

Les fonds des grandes banques suivent de plus près les indices, même si certains fonds actifs qui privilégient le rendement du dividende se comportent mieux que l’indice de référence. Tant en 2016 et 2017, UBS Swiss High Dividend Q surperforme largement. De manière un peu paradoxale, les trois plus grandes positions du fonds (Roche, Novartis, Nestlé) sont nettement moins fortement pondérées que l’indice. Ce fonds de 576 millions de francs d’actifs sous gestion, géré par Christian Suter et Bernhard Lüthi, cible des entreprises à haut dividende ou à perspective de dividende à la hausse. Il surpondère UBS, Zurich Insurance, ABB et les valeurs «romandes» que sont Givaudan, Richemont et SGS.

Nous ne sommes pas agnostiques à l’égard de l’indice, parce que cela pourrait nous amener à une gestion axée sur les facteurs de risque

Christian Suter

Le team Actions suisses de Tobias Schulte, dont dépend le fonds UBS Mid Caps Switzerland Q, tente de battre l’indice de référence mais sans ignorer totalement son comportement. Son objectif se concentre sur l’«active share». Ce concept est de plus en plus à la mode, déclare-t-il. Il consiste à additionner les différences de pondération entre les positions du portefeuille et celles de l’indice. Dans le cas du fonds UBS Mid Cap, cet objectif est d’environ 40%. Plus ce taux se rapproche de 100% et moins la composition du fonds ressemble à celle de l’indice.

«Nous ne sommes pas agnostiques à l’égard de l’indice, parce que cela pourrait nous amener à une gestion axée sur les facteurs de risque», explique Christian Suter. Leur stratégie les amène à trouver un juste équilibre entre les branches.

Dans le cas du fonds UBS Mid Caps Switzerland, le portefeuille est le fruit d’un processus détaillé et des convictions des analystes. La première position est allouée à Schindler. L’action du leader des ascenseurs s’apprécie sensiblement et sans grande volatilité (+27% sur un an). Les gérants partent de l’hypothèse d’une amélioration future des marges sous l’effet de leurs efforts d’innovation, de synergies et de leur expansion en Asie. Sur le plan financier, les gérants apprécient le niveau élevé de cash-flow disponible par rapport au coût du capital.

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