consensus d’investissement

Les actions russes suscitent le débat chez les stratèges de Genève

Certains analystes voient déjà l’opportunité de la décennie au vu de la décote inédite des actions de la bourse de Moscou

Les actions russes suscitent le débat chez les stratèges de Genève

Certains analystes voient déjà l’opportunité de la décennie au vu de la décote inédite des actions de la bourse de Moscou

Le scénario économique, les risques et les grands paris d’allocation d’actifs se ressemblent sur la place de Genève, mais la déclinaison en investissements fait apparaître une grande disparité dans les portefeuilles, en particulier sur la Russie, les actifs des pays émergents, le dollar et l’or.

Ce premier trimestre a été mitigé pour les actions et les actifs risqués en général, pourtant, jusqu’ici, les données économiques sont plutôt bonnes et ont conforté l’optimisme dominant en fin d’année. La crise en Crimée a certainement perturbé la donne, et les stratégistes sont davantage préoccupés par la difficulté croissante à trouver des actifs bon marché que par la remise en cause de leur scénario. Le contexte de croissance serait toujours porteur et rares sont ceux qui continuent à s’inquiéter de la capacité des Etats-Unis à se maintenir ou de l’Europe convalescente à éviter une rechute.

Sans surprise, l’allocation la plus fréquente, quelle que soit la devise de référence, favorise les actions au détriment des liquidités et des obligations gouvernementales, même si la hausse des taux attendue resterait modeste. Les actifs risqués – incluant les obligations à haut rendement (high yield) et les placements alternatifs (hedge funds) – sont privilégiés dans leur ensemble. Les obligations de qualité (investment grade) ne suscitent pas d’intérêt au vu de leurs faibles rendements, mais elles sont encore très présentes dans les portefeuilles. L’allégement devrait se faire naturellement au fil des prochains mois, avec l’échéance des nombreuses émissions à cinq ans faites en 2009.

Tous les participants au consensus signalent bon nombre de risques à prendre en compte sur les prochains mois. Au risque de ne pas refléter la richesse des échanges sur le sujet, on notera les éventualités suivantes:

– Des à-coups dans la normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis;

– Une déflation dans la zone euro due aux dévaluations internes dans le cadre des politiques d’ajustement structurel;

– Une dérive budgétaire et des difficultés de financement de la dette en France;

– L’échec de la résolution de la crise bancaire en Chine;

– Une accélération de la fuite des capitaux dans les pays émergents;

– Une aggravation des troubles géopolitiques en Crimée et potentiellement au Moyen-Orient.

Si, comme à l’accoutumée, il n’y a pas de consensus sur la «valorisation juste» des actions et leur potentiel de long terme, ce sont les actions russes qui suscitent un nouveau débat. Certains y voient déjà l’opportunité de la décennie vue la décote inédite, alors que d’autres s’en écartent sur un risque politique devenu totalement imprévisible. Chine et Brésil ne sont pas en reste car tous les actifs des pays émergents polarisent les opinions et seule une courte majorité considère que la baisse n’est pas terminée, les faibles valorisations ne justifieraient pas (encore?) de prise de risque.

Les convictions s’érodent peu à peu sur l’or et le dollar car les tendances récentes forcent le consensus à se remettre en cause. Si l’euro gagne des sympathisants, l’or n’est toujours pas en odeur de sainteté. L’autre nouveauté de ce tour de table, c’est la diversité des thèmes d’investissement, qui s’accroît à mesure que les opportunités «évidentes» se raréfient. On part désormais à la recherche d’actifs spécifiques, de pays (Espagne), d’industries de pointe (biotechnologie, techno­logie 3D,…), on parle même de métaux rares (palladium, platine).

Moins de macroéconomie, plus de thèmes d’investissement, et ce, jusqu’à la prochaine secousse…

Le premier trimestre a été mitigé pour les actions et les actifs risqués en général

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