Malgré le surplace des principaux indices depuis un mois, les actions suisses gardent la cote auprès des analystes. Les révisions des perspectives de cours faites par ces derniers sont, pour la grande majorité, orientées à la hausse.

Parmi les 29 changements recensés par l'agence Bloomberg entre lundi 14 mai et mercredi 16 mai (lire la sélection en page 25), 22 concernaient des relèvements d'objectifs de cours, quatre des introductions de sociétés qui n'étaient pas suivies, et trois seulement des abaissements de recommandations. Sur l'ensemble des titres pris en considération, un seul, Clariant, était mis à «vendre», par Goldman Sachs. La société chimique était cependant notée à «garder» par une autre banque étrangère, HVB.

Les analystes ont relevé leurs cours cibles dans une fourchette large. Leurs attentes de relèvement de cours s'échelonnent entre 1,1% et 40%, avec une moyenne de 14,8%.

Stabilité des multiples

La conjonction de ces révisions à la hausse n'est pas totalement un mystère pour les stratèges des banques. «Les bénéfices publiés au premier trimestre sont meilleurs que prévus. Rares sont les sociétés qui, à l'instar d'UBS, ont publié des chiffres décevants», juge Marco Curti, responsable de la recherche à la Banque cantonale de Zurich. Conformément au consensus, l'économiste estime que cette tendance va se poursuivre pour l'ensemble des indices européens.

La hausse des cours lui paraît d'autant plus solide qu'elle se base «à 80% sur les augmentations des bénéfices». Le multiple prix/bénéfice (P/E ratio) ne compte que pour une part minoritaire, ce qui signifie qu'il reste stable. Les actions du SPI s'achètent en moyenne 16,7 fois les bénéfices attendus, ce qui est un peu supérieur à l'indice des grandes valeurs européennes DJ Stoxx 600, qui se paye 16 fois les bénéfices, mais inférieur au prix des grandes valeurs britanniques, qui se payent 17,4 fois les attentes bénéficiaires.