La réponse est «oui». A l'avenir, les marchés actions en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMOA) ont également de grandes chances d'être plus performants que les marchés financiers matures.

Un des arguments est l'accélération de la croissance économique dans les plus grandes puissances économiques du monde mature, soit les Etats-Unis, le Japon et l'Europe. Il y aura une expansion économique simultanée dans le monde. Les taux de croissance économique dans les pays émergents d'Europe seront soutenus par cette accélération de la croissance mondiale.

Un autre phénomène, plus structurel, réside dans les efforts de réforme dont fait preuve l'EMOA, et particulièrement la Russie et la Turquie.

Réélu pour un nouveau mandat présidentiel en Russie, Poutine continuera à mettre en œuvre des réformes, surtout dans le secteur financier. L'économie russe n'est plus uniquement stimulée par l'énergie. Le boom du secteur de la téléphonie mobile constitue un bon exemple de croissance non énergétique. Bien sûr, les prix élevés de l'énergie favorisent le développement des réserves russes de devises, mais il existe diverses autres possibilités d'investissement séduisantes.

Le dynamisme politique et macroéconomique en Turquie est également très fort. Le parti AK au pouvoir a pris un grand nombre de mesures pour lutter contre la forte inflation afin d'entrer dans l'Union européenne. Le pouvoir militaire s'assouplit et l'inflation chute en flèche. Cela est très favorable au prix des actions. La baisse de l'inflation entraîne des taux d'intérêt plus bas, ce qui diminue les coûts de financement pour les sociétés turques. La baisse des taux entraîne une meilleure perspective au niveau des revenus pour la Turquie, également touchée par les effets positifs de la consommation croissante.

Ce qui nous amène au troisième avantage des marchés d'actifs au sein de ces pays. L'évaluation du P/E ratio (12) est considérablement plus basse que dans les pays matures (17). Le ratio cours/valeur comptable pour l'EMOA montre les mêmes prix bas: 1,9 contre 2,5 pour le marché mature. Après la reprise, les actions de l'Europe émergente ne valent donc toujours qu'une bouchée de pain!