Le Temps: Combien de personnes gèrent le fonds de compensation?

Eric Breval: Lorsque je suis arrivé début 2004, nous n'étions que cinq. L'équipe a d'abord été remaniée, puis elle a grandi. Nous sommes actuellement vingt.

- L'AVS est alimentée principalement par une partie de la TVA et les cotisations des salariés et indépendants (environ 5% de leur rémunération) au fonds que vous gérez. Mais vous effectuez aussi un important travail de trésorerie...

- Cette activité est même centrale! Chaque jour, nous recevons entre 50 millions et un milliard de francs; il n'est pas question que cet argent dorme. Dans le même temps, des liquidités sortent pour payer les rentes, l'AI ou l'APG. Sur l'année, environ 41 milliards entrent et 43 milliards sortent. Pour cette raison, nous disposons en moyenne de 2 milliards de trésorerie.

- Comment attirez-vous des financiers de talent alors que les banques se les arrachent déjà?

- La partie fixe de nos rémunérations est concurrentielle avec le marché, mais nous ne pouvons pas rivaliser avec les bonus des établissements financiers. Mais le salaire n'est pas la seule motivation. Nous sommes une petite équipe soudée, qui fonctionne dans l'esprit d'un hedge fund. Si quelqu'un a une bonne idée, il pourra la mettre en œuvre; c'est très motivant. Enfin, sans être naïf, notre action a une dimension sociale car l'AVS profite au pays tout entier. Voilà une autre source, forte, de satisfaction.