HSBC a vu son bénéfice avant impôts chuter de 29% au premier semestre (et de 45% durant le seul deuxième trimestre). En cause selon son directeur général Stuart Gulliver cité dans un communiqué publié mercredi: le ralentissement de l’économie chinoise et les turbulences liées au Brexit.

L’établissement britannique a ainsi engrangé 9,7 milliards de dollars (9,4 milliards de francs environ) sur les six premiers mois de l’année, contre 13,6 milliards un an plus tôt. Son chiffre d’affaires a quant à lui reculé de 11% pour s’inscrire à 29,5 milliards de dollars.

Le rapport semestriel publié mercredi sur le site du groupe ne livre que peu d’informations sur les activités de l’établissement en Suisse. Il faudra attendre la publication du rapport annuel pour en savoir davantage sur l’entité qui employait plus de 1200 collaborateurs fin 2015 pour 60 milliards de francs environ sous gestion.

Avoirs sous gestion en baisse

Dans ce rapport de 160 pages, on apprend néanmoins que la Suisse a engendré une perte de 76 millions de dollars pour HSBC au premier semestre, dont 53 millions sont imputables aux seules activités de banque privée. Des activités qui ont subi un «repositionnement stratégique» ces dernières années, que ce soit sur certains marchés clés (25 pays sont couverts aujourd’hui contre 150 en 2007) ou sur une clientèle haut de gamme disposant de 5 millions de francs au moins.

Ce changement de stratégie a donc un coût pour HSBC qui a également investi 100 millions de francs dans son système informatique. La Suisse n’est d’ailleurs pas le seul endroit où les activités de banque privée ont fait perdre de l’argent au groupe en ce début d’année. A l’échelle mondiale, celles-ci ont conduit à une perte de 557 millions de dollars au premier semestre, contre un bénéfice de 180 millions un an auparavant et de 344 millions sur l’ensemble de l’année 2015.

Dans son communiqué la banque explique que cette perte est due, en grande partie, à une révision à la baisse de l’ordre de 800 millions de dollars de la valeur («goodwill») de ses activités de banque privée en Europe. N’en reste pas moins que les dépenses liées à ces activités sont passées d’un milliard de dollars au premier semestre 2015 à 1,545 milliard cette année. Quant aux fonds sous gestion, ils ont reculé de 280 à 232 milliards de dollars sur la même période.

Investisseurs satisfaits

Les investisseurs ont malgré tout bien accueilli ces résultats et notamment le programme de rachat d’actions de 2,5 milliards de dollars annoncé dans la foulée par l’établissement. «Cela démontre que la banque est à l’aise avec sa solvabilité», souligne Loïc Bhend, analyste chez Bordier & Cie. L’action HSBC a terminé la journée de mercredi sur une hausse de 5% environ à la bourse de Londres.

Le rachat d’actions est quant à lui lié à la vente des activités de la banque au Brésil, confirmée mercredi, pour 5,2 milliards de dollars. Une vente elle-même liée à un vaste programme de restructuration annoncé l’été dernier et qui devrait conduire HSBC à se séparer d’autres activités à l’avenir, notamment en Turquie et au Liban.

La semaine dernière, Bloomberg a indiqué qu’un portefeuille de clients d’Amérique Latine géré depuis la Suisse, et d’une taille de 4 à 6 milliards de dollars, pourrait être vendu à Banco Santander. Questionné à ce sujet, le porte-parole d’HSBC en Suisse n’a pas souhaité faire de commentaires.

Dossiers litigieux

Reste enfin les dossiers litigieux auxquels la banque doit faire face et qui apparaissent dans les dernières pages de son rapport semestriel. Scandale de corruption à la FIFA, violation de l’embargo en Iran, manipulation des taux interbancaires. C’est toutefois le vol de données effectué par Hervé Falciani en 2008 et ses répercussions judiciaires qui figurent encore et toujours en bonne place.

HSBC explique ainsi qu’elle continue de coopérer avec les autorités américaines pour tenter de comprendre si certaines de ses entités et certains de ses employés, notamment en Suisse, se sont conduits de manière inappropriée avec leurs clients américains étant donné leurs obligations fiscales. Elle précise que d’autres autorités, notamment en Belgique, en France, en Argentine et en Inde, enquêtent sur des questions d’évasion fiscale liées à son établissement en Suisse.

Pas plus tard que lundi, les autorités israéliennes ont annoncé avoir reçu une liste de 8000 comptes détenus un temps par des Israéliens auprès de HSBC en Suisse. Mais le prochain épisode devrait avoir lieu en France où la holding britannique et la filiale suisse du groupe ont été mises en examen pour complicité et blanchiment de fraude fiscale. Si le réquisitoire est attendu pour début septembre, le procès, lui, ne devrait pas avoir lieu avant 2017 selon la presse hexagonale.