Le fabricant de lecteurs de télévision numérique ADB panse ses plaies à la suite de la crise qui a provoqué un effondrement de son cours en juin dernier. Dans un communiqué paru mardi matin, la société technologique, dont le siège est à Genève, annonce que «le volume d'expédition est en amélioration, comme prévu», et qu'elle «croit être en ligne avec les objectifs annoncés».

Ces objectifs, publiés le 28 juin dernier, promettaient une marge opérationnelle de zéro pour l'ensemble de l'année au lieu d'un niveau escompté de 8,5% «ou plus», selon le communiqué de l'époque. La croissance du chiffre d'affaires, d'un objectif initial de 35%, avait été ramenée dans une fourchette de 5% à 10%. La progression de la marge brute avait été rabaissée dans la fourchette de 30 à 33% au lieu des 35% à 36,4% initialement projetés. Le déclencheur du problème avait été l'annonce d'un retard important dans la fabrication et la livraison d'un appareil dernier cri à cause d'un changement de technologie insuffisamment maîtrisé. Le titre de la société avait plongé de 60% à 41,50 francs en une seule séance.

Nouveaux clients

Depuis lors, la société a donc vu ses ventes progresser, à un rythme ralenti certes, mais au prix d'un anéantissement de sa rentabilité opérationnelle. Celle-ci se montait à 8,4% des ventes lors de l'exercice 2005. Le volume des ventes atteignait 252 millions de dollars, la marge brute 90,8 millions et la marge opérationnelle 21,1 millions. Les projections confirmées hier montrent par conséquent que les ventes devraient s'établir pour l'exercice 2006 aux alentours de 265 à 278 millions de dollars.

«Cette confirmation est positive car elle démontre que cette société est en train de sortir d'un problème qui avait affecté l'ensemble de l'industrie des lecteurs de télévision numérique», juge Thomas Hilfing, analyste chez Helvea (Pictet & Cie) à Zurich. L'action de la société a quand même perdu 3,5% à 76,75 francs hier.

Rachat d'actions sans effet

ADB explique ce retour à meilleure santé par deux raisons principales. La première vient d'un retour à la normale du niveau des ventes des lecteurs de dernière génération employant le format de compression vidéo mpeg-4, ceux-là mêmes qui avaient causé les difficultés au printemps. La seconde est l'arrivée de six nouveaux clients importants, à savoir des distributeurs de télévision numérique en Espagne, en Italie et en République tchèque notamment.

La société s'est cependant engagée dans un programme de soutien de son action en rachetant une partie de ses propres titres. Ce plan, lancé le 3 octobre, vise le retrait de 200000 titres, soit une action sur 30 environ. Trois semaines après son lancement, ce programme avait atteint environ 25% de son but. Au niveau du cours, il n'a toutefois produit aucun effet, bien au contraire: depuis son introduction, la valeur de l'action a perdu 4%.