Klaus Jacobs a choisi l'assemblée générale d'Adecco pour annoncer qu'il quittait la coprésidence du groupe. Une décision qu'il a motivée par l'envie de se consacrer à d'autres activités. Dans son édition datée d'hier, Le Monde interroge l'homme d'affaires et donne aussi la parole à l'autre coprésident, le Français Philippe Foriel-Destezet. Ce dernier signale: «Nous sommes dans une logique de séparation entre la présidence et la direction générale.»

C'est John Bowmer, actuel directeur général, qui dirigera le nouvel organe de direction. «La situation était devenue problématique pour le management: trop de réunions et de temps perdu en discussions, trop de voyages…», précise Klaus Jacobs. Le système bicéphale avait été adopté après la fusion d'Adia et d'Ecco en 1996. Adecco prévoit de rapatrier en Suisse d'ici à l'an 2000 tous les cadres opérationnels dirigeants, aujourd'hui établis en Californie. Même s'ils prennent de la distance, les deux hommes souhaitent conserver le contrôle de la société. Sur leur proposition, l'assemblée générale d'hier a décidé d'introduire une limite de 5% pour l'inscription au registre des actions. Adecco s'apprête en effet à procéder à plusieurs augmentations de capital et les deux fondateurs pourraient voir leurs parts additionnées, aujourd'hui majoritaires, descendre à 35%.

Pour Dominique Biedermann, directeur d'Ethos, la fondation suisse pour le développement durable, cette limite est regrettable. «Elle nie le principe qui veut qu'une action équivaut à une voix. De plus, le conseil d'administration d'Adecco se réserve le droit d'accorder des exceptions à cette limite d'inscription.»

Malgré la prise de position d'Ethos lors de l'assemblée, cette dernière a avalisé la proposition.