L'an dernier, le marché du travail a tourné a plein régime. Adecco, leader mondial des services en ressources humaines, en a donc logiquement profité. La société de Cheserex (VD) a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 44% à 26,6 milliards de francs, confortant sa position de numéro un mondial. Cette progression s'explique pour moitié par des acquisitions – principalement celle de la société américaine Olsten – et pour moitié par la croissance interne. L'an dernier, tous les principaux marchés ont affiché une progression des affaires: la France (+28% à 9 milliards de francs), l'Amérique du Nord (+63% à 8 milliards), le Royaume-Uni (+26% à 2,2 milliards), le reste de l'Europe (+50% à 4,5 milliards) et le reste du monde (+63% à 2,9 milliards). Les plus fortes croissances ont été enregistrées en Italie, au Japon, en Belgique et en Amérique latine. Par contre, le développement dans le secteur des technologies de l'information n'a pas répondu aux attentes. En 1999, ce marché avait enregistré un gros boom en raison de la forte demande d'informaticiens pour le passage à l'an 2000. Mais l'an dernier, la demande est retombée.

Le bénéfice opérationnel est également en forte hausse (+49%) à 1,2 milliard de francs, tout comme le résultat avant amortissement du goodwill et charges de restructuration, à 746 millions de francs (+42%). La marge d'exploitation s'est élevée à 4,6% (4,5% en 1999). Suite à l'acquisition d'Olsten, Adecco a par ailleurs amorti un goodwill de 1,1 milliard de francs, si bien qu'il affiche pour l'an 2000 une perte nette de 428 millions de francs. Le conseil d'administration proposera le versement d'un dividende de 10 francs par action (8,40 francs en 1999). Il soumettra également aux actionnaires une augmentation du capital autorisé de 2 millions d'actions, ceci afin de financer d'éventuelles acquisitions. Malgré ces résultats conformes aux attentes des analystes, l'action a clôturé mercredi en baisse de 5,17% à 1100 francs.

John Bowmer, patron d'Adecco, se montre optimiste pour l'année en cours. L'acquisition d'Olsten sera complètement finalisée à la fin du premier trimestre de cette année. Le groupe poursuivra sa stratégie, à savoir: croître 50% plus vite que la concurrence, devenir numéro un ou deux sur les principaux marchés – ce qui est déjà le cas si l'on excepte la Belgique et les Pays-Bas – et se renforcer dans certains domaines spécialisés.

Synergies

Le risque d'atterrissage brutal de l'économie américaine ne va-t-il pas pénaliser les affaires d'Adecco? Actuellement, d'autres spécialistes du recrutement rencontrent en effet des problèmes. Ainsi, selon le quotidien De Telegraaf cité par Bloomberg, Randstad Holding, numéro trois mondial, devrait supprimer 20% de ses 3400 emplois en Hollande. Pour Arnaud Girardin, analyste à la Banque Lombard Odier, la forte croissance des affaires dans certains marchés comme l'Italie ou le Japon devrait compenser le ralentissement enregistré aux Etats-Unis. Par ailleurs, Adecco devrait profiter dès cette année des synergies engendrées par la fusion avec Olsten. Selon John Bowmer, elles devraient s'élever à 80 millions de francs en 2001 et à 100 millions en 2002.