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Alain Dehaze, directeur général du groupe suisse Adecco, le numéro un mondial de l'emploi temporaire.
© LAURENT GILLIERON / Keystone

Emploi

Pour Adecco, les économies gagnantes doivent favoriser l’entrepreneuriat

Le numéro un mondial des solutions en ressources humaines doit lancer à la fin de ce mois «Shakhr», une plate-forme inédite s’adressant aux travailleurs indépendants. Le patron du groupe suisse, Alain Dehaze, craint que la 4e révolution industrielle n’aboutisse à la révolte des jeunes

«Avant, on apprenait pour travailler. A présent, on apprend tout en travaillant», rappelle Alain Dehaze, directeur général d’Adecco. Invité ce vendredi par le Business Club belgo-luxembourgeois à Genève, le patron du numéro un mondial du travail temporaire, fixe et de la réinsertion pense que la flexibilité de l’emploi est appelée à devenir une norme internationale. «Aux Etats-Unis, 30% de la population active est constituée d’indépendants. Ces derniers sont déjà 2 millions au Royaume-Uni et 800 000 en France. C’est une population qui devrait doubler ces dix prochaines années», relève le Belge d’origine.

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Selon Adecco, le concept d’emploi à vie est aujourd’hui obsolète. Les nouvelles formes de travail, sachant qu’outre-Atlantique un jeune change en moyenne 8 fois d’activité entre ses 18 et ses 25 ans, s’imposent à la vitesse grand V. «Les pays gagnants de demain seront ceux capables de promouvoir l’entrepreneuriat. C’est-à-dire l’accès au travail, sous toutes ses formes», estime celui qui refuse d’envisager qu’il est plus facile pour un jeune de trouver son premier client qu’un premier employeur.

Pour la portabilité de la couverture sociale

Pour se rapprocher de la nouvelle population de travailleurs indépendants, Adecco développe en ce moment, en partenariat avec Microsoft, une plate-forme d’intermédiation inédite. «Nous allons lancer Shakhr le mois prochain, tout d’abord en France [le marché phare du groupe aux origines lausannoises, représentant 23% de son chiffre d’affaires], puisque cet outil concerne un nombre substantiel d’actifs de ce pays», indique Alain Dehaze.

Le patron de la multinationale, qui figure parmi les 10 premiers pourvoyeurs de postes de travail de la planète (33 000 salariés à l’interne), plaide aussi pour une profonde réforme législative. «Il faut associer les droits liés aux assurances sociales aux personnes et non plus aux entreprises. Le système actuel n’est pas adapté aux réalités de terrain, soit une économie globale avec des salariés qui ne cessent de changer d’emploi et de pays», insiste-t-il.

Autres conditions pour accompagner le changement lié à l’industrie 4.0: renforcer la fluidité du marché du travail, en n'empêchant pas les entreprises de se réorganiser. Mais aussi réinventer le dialogue social, les syndicats traditionnels ne représentant plus dans de nombreux pays qu’une minorité des salariés, selon le groupe Adecco.

Vers davantage de travail nomade

A en croire l’indice de compétitivité mondial des talents, une étude mandatée par Adecco et réalisée par l’Insead français, la Suisse caracole en tête des pays capables de développer et de retenir le capital humain, principal moteur d’attractivité d’une économie. «Mais jusqu’à quand? s’interroge Alain Dehaze. Le marché helvétique dispose toujours de grandes écoles de renommée mondiale, avec un bassin de multinationales proches de ces centres facultaires de pointe, mais son système politique censé assurer les meilleures conditions-cadres possibles est mis à mal, notamment en raison de l’initiative «Contre l’immigration de masse».

Autre écueil: la nouvelle économie – et son cortège d’innovations en matière d’automatisation – promet de laisser de nombreux métiers sur le carreau. «Le plus grand défi est d’assurer la transition entre notre vieux modèle et le nouveau, via de la formation continue, afin de requalifier et de remettre technologiquement à niveau les générations antérieures aux «millennials», souligne celui qui génère près de 3,5 milliards de francs rien qu’en plaçant des ingénieurs et des informaticiens. Et ce dernier de préciser: «Il s’agit d’assurer une continuité dans le financement des assurances sociales, tout en évitant la révolte des jeunes contre ce qui pourrait devenir un lourd héritage [une dette sociale abyssale].»

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