L'action d'Adecco SA, le leader mondial du travail temporaire devant l'américain Manpower et le néerlandais Randstad, enregistre vendredi la cinquième plus forte baisse à la Bourse suisse, suite à la présentation de ses résultats 2006, pourtant en ligne avec le consensus. Elle perd 4,57% à 77,35 francs pour un SMI légèrement en hausse de 0,19% à la clôture.

Les courtiers parlent de prises de bénéfices, selon l'agence AWP. L'action du groupe vaudois avait progressé de 9% en un mois dans l'attente des résultats 2006, certains spéculant sur une augmentation à long terme des objectifs des marges qui n'a pas été confirmée. Le marché a peut-être aussi été déçu par le bénéfice net, dont l'augmentation de 35% à 611 millions d'euros est due en partie, comme en 2005, à une réduction d'impôts de quelque 60 millions d'euros l'an passé.

Marché à faibles marges

«Nous prévoyons des marges opérationnelles au-dessus de 5% des ventes d'ici à 2009, une croissance annuelle du chiffre d'affaires entre 7 et 9%, ainsi qu'un rendement des capitaux investis au-dessus de 25% d'ici à cette année-là», indique à Zurich le directeur, Dieter Scheiff, qui présentait pour la première fois les résultats du groupe, comme le jeune directeur financier, Dominik de Daniel, qui l'accompagnait.

La forte croissance des ventes doit aussi être rendue possible par des acquisitions. Dieter Scheiff «prévoit d'acheter un ou plusieurs concurrents dans les services spécialisés (les plus rentables) pour un montant de 1,5 milliard d'euros réparti sur deux à trois ans». Ce qui permettra d'atteindre l'objectif d'augmenter cette part appelée Professional Business à 21% des ventes, contre 18% actuellement.

Le chiffre d'affaires d'Adecco augmente de 12% à 20,417 milliards d'euros entre 2005 et 2006, soutenu par l'achat de DIS en Allemagne l'an passé. Avec une augmentation du bénéfice opérationnel de 33% à 816 millions, la marge opérationnelle passe de 3,4 à 4,0% des ventes. Le rendement du capital investi (ROCE) représente 20,3% du bénéfice opérationnel l'an passé, contre 18,5% en 2005.

En guise de comparaison pour la même année fiscale, le bénéfice opérationnel de Manpower passe de 2,7 à 3% de ses ventes, qui atteignent 13,35 milliards d'euros en 2006 (+10,8%). Randstad représente la plus forte profitabilité des trois groupes leaders: ses marges opérationnelles se situent à 5,3% de son chiffre d'affaires de 8,186 milliards d'euros (+23%), contre 4,5% en 2005.

La France plus rentable

Le marché français est le plus important d'Adecco, où le groupe suisse réalise 33% de son chiffre d'affaires. «Notre nouvelle stratégie consistant à refuser des contrats à perte commence à porter ses fruits, explique Dieter Scheiff. Il y a peu de temps, seuls les volumes importaient.» Une gestion rigoureuse des coûts a permis d'augmenter le bénéfice opérationnel de 8%, à 256 millions d'euros.

Le quart du bénéfice net d'Adecco sera reversé aux actionnaires à travers un dividende de 1,2 franc par action.