Adecco commence à voir la vie en rose. Le numéro un mondial des services en ressources humaines et de la location de travail a vu son chiffre d'affaires net augmenter de 45%, à 12,1 milliards de francs au premier semestre 2000. Présent en France avec un chiffre d'affaires de 4,2 milliards de francs (35% de son activité) et en Amérique du Nord (3,5 milliards de francs et 29% de son chiffre d'affaires), l'entreprise dont le siège est à Cheserex (Vaud) bénéficie du dynamisme des marchés de l'emploi de ces deux pays. Et ce n'est pas la seule bonne nouvelle pour le groupe. Avec un résultat d'exploitation de 510 millions de francs, en progression de 49% par rapport au premier semestre 1999, Adecco affiche ses plus belles marques depuis dix ans. La marge d'exploitation augmente de façon substantielle pour se fixer à 4,2%. Déduction faite des coûts d'intégration de l'américain Olsten, acheté l'an dernier et qui est intégré d'un point de vue comptable depuis le 3 avril, la marge d'exploitation progresse même de 40 points de base, à 4,5%. De son côté, le résultat avant amortissement du goodwill s'élève à 316 millions de francs, soit une hausse de 47% par rapport aux six premiers mois de l'année passée. Selon les principes comptables communément admis aux Etats-Unis (les normes US GAAP), Adecco enregistre toutefois pour le premier semestre de cette année une perte nette de 233 millions, après amortissement du goodwill de 486 millions et charge exceptionnelle de restructuration de 63 millions. Le «résultat net découle des méthodes comptables américaines et du choix d'Adecco d'amortir le goodwill en cinq ans», précise Felix Weber, directeur financier d'Adecco, cité dans le communiqué.

Si l'expansion est forte, elle est inégalement répartie entre les pays. Par rapport à la même période de 1999, les résultats d'Adecco montrent au premier semestre 2000 un chiffre d'affaires en hausse de 31% en France, de 50% en Amérique du Nord, de 30% au Royaume-Uni, de 53% dans le reste de l'Europe et de 97% dans le reste du monde. L'Italie et la Belgique ont particulièrement contribué à la progression du chiffre d'affaires de la société en Europe. On doit au Japon l'essentiel de la croissance dans le reste du monde. Si l'on en croit John Bowler, directeur général d'Adecco, l'expansion est robuste et ne laisse aucune place au doute. «Nous avons pu observer une croissance importante dans toute l'Europe. La France, capitalisant sur une économie forte, affiche un excellent résultat. En Espagne, nous avons obtenu des réductions de coûts significatives grâce à la mise en place de nouvelles technologies qui permettent à notre réseau d'agences de réaliser des prestations de services de façon plus efficaces»

Dans un monde où le taux de chômage est en nette diminution, les entreprises peinent toujours plus à trouver la main-d'œuvre qu'elles recherchent. Adecco n'est finalement qu'un intermédiaire entre l'offre et la demande de travail d'une économie. La demande de temps de travail éclaté et morcelé de la part des entreprises et la montée en puissance du travail à temps partiel permet à ce géant de la vente de ressources humaines une croissance de ses activités.

600 000 employés temporaires

Pourtant, pour John Bowler, le segment des nouvelles technologies est encore sous-développé. «Si le secteur des technologies de l'information a vu ses ventes progresser du fait de notre fusion avec Olsten, cette activité n'a cependant pas connu le développement organique que nous avions escompté. Toutefois, nous restons optimistes pour la deuxième partie de l'année. La contribution d'Olsten aura un impact majeur sur notre croissance future, à la fois dans le secteur des technologies de l'information et dans le domaine généraliste», souligne-t-il.

Le réseau Adecco emploie 28 000 personnes dans 4500 agences et utilise la force de travail de 600 000 employés temporaires. De droit suisse, la multinationale est présente dans 60 pays. Grâce à ses alliances avec Econova/Lee Hecht Harrison, la société offre également un large éventail de solutions dans le domaine de la gestion de carrières et de l'outplacement.