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Adepte du «slow dating», le suisse Once se distancie de Tinder

Le site de rencontre, basé à Zurich, est valorisé à hauteur de 24 millions d’euros. Il compte plus de trois millions d’utilisateurs. Son directeur explique sa stratégie

Qui dit site de rencontre dit Tinder, Swissfriends ou Badoo. Mais dans ce marché proche de la saturation, un nouvel acteur tente de se faire une place. Mercredi, Jean Meyer, directeur du site Once, était de passage à Zurich pour promouvoir son service. Quasi inconnu en Suisse romande, Once revendique 3 millions d’utilisateurs au niveau mondial, dont 200 000 en Suisse – quasi exclusivement en Suisse alémanique.

Pour Jean Meyer, Once est à l’opposé de son grand concurrent Tinder. «Nous proposons le concept du «slow dating», nos utilisateurs prenant le temps de faire des rencontres de qualité. Il ne s’agit pas de passer en revue chaque jour des centaines de profils. Dans ces sites, les femmes sont en général submergées de demande et les hommes ne parviennent qu’à établir que très peu de contact. Or nous privilégions la qualité à la quantité» explique le directeur d’Once. Les utilisateurs de son site ne reçoivent ainsi, chaque jour à midi, qu’une seule proposition de rencontre. Le service est disponible sur smartphone, via une application pour Android et iPhone.

Centaines d’entremetteurs

Ces propositions sont établies par des humains. Once compte ainsi entre 200 et 300 entremetteurs, qui sont des collaborateurs libres travaillant chez eux: des personnes qui se chargent de scanner les profils et d’envoyer, aux clients, une proposition par jour. «La version gratuite comprend une idée de rencontre, poursuit Jean Meyer. Si l’utilisateur en souhaite davantage, il doit payer». Once a lancé cette semaine une nouvelle fonction: la possibilité de discuter avec son «entremetteur» pour lui spécifier ses demandes. «Vous pouvez lui préciser que vous voulez rencontrer une femme blonde active dans la santé, qui aime le tennis et les voyages, dit le directeur. Et l’entremetteur vous suggérera des thèmes de discussion lorsque vous l’aborderez».

Les discussions s’effectuent via un service de «chat». Et Once affirme qu’il est possible de parler toujours avec le même entremetteur. Compter entre 8 et 15 francs par contact ainsi établi, selon le paquet de crédit acheté.

Valorisé à 24 millions d’euros

N’est-ce pas un prix élevé? «Pas du tout, je pense qu’à notre échelle, nous «disruptons» le marché: nous mettons en avant un service proposé par des humains, personnalisé. Aux Etats-Unis, si vous engagez un entremetteur professionnel, il vous en coûtera facilement entre 5000 et 10 000 francs par mois».

Lancé en 2015, Once a procédé à deux levées de fonds, l’une de trois millions d’euros en 2015, l’autre de 2016 à 5 millions en 2016. La société, qui devrait lever de nouveaux fonds cette année, est actuellement valorisée à 24 millions d’euros. Et elle est basée en Suisse, à Feusisberg, dans le canton de Zurich. «Mon partenaire Leo Grünstein est allemand, mais basé depuis longtemps en Suisse. Nous comptons juste trois employés à Zurich, mais une vingtaine à Londres», explique Jean Meyer. Sa société est proche de la rentabilité, mais le directeur ne donne pour l’heure pas de chiffres.

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