La direction d'Adveq a de bonnes raisons de qualifier d'excellent cru l'année 2004. Dans un secteur difficile comme le private equity (capital-risque et rachat d'entreprise par le management), les trente spécialistes du groupe zurichois viennent d'être classés numéro 1 en Europe, d'après une étude de Mackewitz & Partner, selon des critères qui incluent le savoir-faire, la transparence et l'accès aux managers. Lors d'une conférence de presse, Bruno Raschle, directeur général, ajoute que cette année lui a permis d'atteindre une dimension globale. En effet 30% des investisseurs qui ont souscrit au sixième fonds du groupe, le PETP IV, sont anglo-saxons, sur un montant total de 325 millions de dollars. Les autres sont des institutionnels essentiellement de Suisse, d'Allemagne et de Scandinavie. Adveq s'apprête à lancer un septième fonds, PEEUP III, centré sur le private equity en Europe. Les conditions seront précisées dans un mois, mais il devrait prélever entre 300 et 350 millions d'euros au début de l'année prochaine.

Des effets négatifs

L'environnement du private equity s'est amélioré. Pour la première fois, en 2002 et 2003, le marché a davantage investi qu'il n'a prélevé de l'argent. Malheureusement, selon André Jaeggi, les projets de nouveaux fonds signalent un retour à la situation précédente, celle d'excès de capitaux, ce qui se traduit par divers effets négatifs, comme une incitation pour les gérants à investir dans des projets de moindre qualité, ou de se lancer dans des rachats hostiles d'entreprises cotées.

Le gérant d'un fonds de private equity porte son attention sur les conditions de sortie, l'«exit», selon les termes du professionnel. Or André Jaeggi craint que cette porte de sortie reste insensible à l'augmentation des capitaux investis. L'expérience britannique, souvent un bon indicateur des tendances à venir sur le continent, appuie ce raisonnement. Après dix ans, les deux tiers des transactions de moins de 10 millions de livres sterling n'ont pas pu trouver d'«exit». Cette incapacité de vendre à de bonnes conditions pénalise naturellement la performance. Bruno Raschle souligne le savoir-faire d'Adveq à réaliser de bonnes performances dans des conditions difficiles et déclare que depuis cette année le premier fonds de fonds sur la technologie, lancé en 1997 en pleine bulle spéculative, permet à l'investisseur d'être remboursé sur sa mise de départ.

De façon générale, le gérant constate un intérêt de plus en plus marqué de la part des investisseurs institutionnels, lesquels placent entre 3 et 5% de leurs actifs dans cette catégorie de placement. Selon Thomson Financial, le rendement à dix ans du private equity en Europe est de 12%, alors qu'il est de 8,5% aux Etats-Unis.