L'Aéroport international de Genève (AIG) revient à la charge. En plus du maintien de sa redevance passagers à 19 francs, il a annoncé mercredi une nouvelle mouture de son système de rabais. Il promet aux compagnies aériennes une ristourne de 2 à 4% sur le montant des taxes passagers qu'elles perçoivent. Seuls les transporteurs ayant connu une croissance annuelle d'au minimum 5% du nombre de leurs passagers en bénéficieront.

«Nous devons notre bonne situation aux compagnies (ndlr: nombre de passagers en hausse de 11% sur le premier semestre). Nous voulons qu'elles en profitent», explique Philippe Roy, porte-parole de l'aéroport. Ce système est une version allégée d'un projet présenté en avril 2004. L'AIG avait alors proposé le versement d'un rabais (jusqu'à 28%) aux compagnies s'engageant de manière contractuelle et sur une longue durée. La majorité des transporteurs l'avait rejeté. Toute obligation contractuelle a disparu depuis.

La nouvelle version n'est pas plus convaincante pour certains. «Nous sommes contents que la redevance n'augmente pas. Par contre, nous ne pouvons pas accepter un système basé sur le volume des passagers. Si l'AIG gagne trop d'argent, qu'il réduise ses charges. Toutes les compagnies en profiteront», réagit Anthony Concil, porte-parole de l'Association internationale du transport aérien (IATA). L'organisation compte réagir d'ici au 20 septembre, fin de la période de consultation. «Consultation menée à titre indicatif», précise Philippe Roy.

Un sucre pour EasyJet?

Même réaction chez Swiss. Avant de se manifester, Air France entend étudier cette nouvelle proposition. «Nous voulons voir si ce type d'incitation n'est pas discriminatoire. S'il ne favorise pas telle compagnie, nous y compris, répond Jean de Lapasse, directeur d'Air France pour l'Europe centrale. Elle semble quand même orientée vers les nouveaux entrants et non les compagnies présentes depuis longtemps.»

S'agit-il d'un «sucre» destiné à EasyJet? Le retard pris dans la réalisation d'un second terminal, destiné en priorité au transporteur britannique, justifierait cette proposition valable pour trois ans. «Il faut dissocier les deux démarches. D'après nos chiffres pour le premier semestre, toutes les grandes compagnies bénéficieront de ce nouveau système. Sauf Swiss qui ferme des lignes», se défend Philippe Roy.

L'offre est cependant positive pour EasyJet. D'autant qu'après la récente mise en service de vols pour Lisbonne et Malaga, la compagnie orange a annoncé mercredi l'ouverture de trois nouvelles lignes au départ de Genève avant la fin de l'année (Londres Stansted, Edimbourg et Bournemouth). Philippe Vignon, directeur du marketing d'EasyJet, prévoit que la part de marché du transporteur passe à 32%. Il estime la «nouvelle politique de motivation commerciale» de l'AIG assez logique.