La justice française n’attend pas que les procureurs genevois lui communiquent le fruit de leurs investigations dans les banques de la place pour faire toute la lumière sur la relation bancaire entre Jérôme Cahuzac et la banque Reyl.

Le juge Renaud Van Ruymbeke s’intéresse de nouveau aux acteurs périphériques de cette affaire, a appris Le Temps. Un «témoin privilégié» genevois a ainsi été contacté «dans les dernières 48 heures» par le juge. Il devrait être entendu dans le courant de la semaine prochaine, dans la capitale française. Selon nos informations, la curiosité des enquêteurs porte surtout sur le seul «volet Cahuzac» de l’affaire. Mais des questions plus larges seront certainement posées à ce témoin, dans l’objectif d’établir si d’autres personnalités politiquement exposées ont pu avoir recours à l’établissement genevois pour soustraire de l’argent au fisc.

Toujours selon nos informations, ce témoin pourrait être le banquier établi à Genève et déjà entendu à Annecy, le 13 février dernier, par deux enquêteurs de la police judiciaire, spécialement venus de Paris. Il les aurait alors renseignés sur les réseaux politiques de la banque Reyl à Paris, sur le rôle d’«apporteur d’affaires» joué par Hervé Dreyfus, demi-frère de Dominique Reyl, et sur les techniques permettant d’opacifier l’identité du véritable ayant droit d’un compte.

Contactés, le juge Van Ruymbeke et le parquet de Paris n’ont pas souhaité faire de commentaire sur l’affaire. Selon nos informations, la justice française n’a pas adressé à ce jour de nouvelle demande d’entraide à Genève .