En février 2019, UBS a été condamnée à une amende de 3,7 milliards d’euros pour des faits de «démarchage bancaire illégal» et de «blanchiment aggravé de fraude fiscale», par le tribunal correctionnel de Paris au terme d’une procédure hautement médiatisée et politisée. La sanction infligée établit un record en la matière. UBS a fait appel de ce jugement et le nouveau procès devrait se tenir en juin 2020. Cette procédure bien connue en France a occulté un second litige qui oppose toujours l’Etat Français à la banque UBS, mais cette fois en Suisse.

Le 11 mai 2016, l’administration fiscale française a adressé une demande d’assistance administrative en matière fiscale à l’administration suisse. Celle-ci repose sur deux listes (B et C), datant respectivement de 2006 et de 2008 comportant 45 000 comptes référencés avec un code de domicile français, mais dont les titulaires ne sont pas identifiés nominativement et demeurent donc inconnus de l’administration française. Ces listes avaient été remises à la France par l’Allemagne qui les avait saisies lors de perquisitions dans des bureaux d’UBS en Allemagne à l’été 2013, comme l’a révélé Le Temps du 5 octobre 2019.