Le décryptage de fichiers soustraits à la filiale genevoise de la banque britannique HSBC par un de ses anciens salariés a permis d’identifier 127 000 comptes appartenant à 79 000 personnes, dont 8000 Français et 7000 Italiens, a indiqué mardi dans la soirée le parquet de Nice à l’AFP. Le 11 mars, la banque avait de son côté affirmé que le vol de données pourrait affecter 24 000 clients.

Le fisc italien voudrait également accéder à ces données. «Le parquet de Turin nous a adressé une demande d’entraide judiciaire répressive. Il demande à obtenir la copie des données que nous avons saisies», a indiqué à l’AFP le procureur Eric de Montgolfier. Il appartient à la ministre de la justice française, Michèle Alliot-Marie, de décider de la suite à donner à cette requête a-t-il déclaré. «La Garde des Sceaux [ndlr: ministre] doit être saisie de cette demande» et «c’est elle qui prendra la décision», a-t-il ajouté. Selon le procureur, la justice italienne a ouvert une enquête pour évasion fiscale.

De son côté, la banque indiquait mardi vouloir «prendre toutes les mesures pour empêcher ce transfert», selon un de ses porte-parole. Ce dernier a laissé ouverte la possibilité d’un recours contre la décision du procureur. «Un Etat n’a pas à transmettre des données volées et manipulées», a poursuivi le porte-parole de HSBC.

La justice française avait saisi le 20 janvier 2009 au domicile français d’un ancien salarié de la banque, Hervé Falciani, des fichiers informatiques cryptés contenant une liste de comptes détenus par des clients de HSBC. Mais avant de les transmettre aux autorités judiciaires suisses – qui soupçonnent Hervé Falciani de détournement frauduleux de données confidentielles – les enquêteurs ont analysé le contenu de ces saisies, qui ont suscité l’intérêt de la justice et du fisc français. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour blanchiment et l’administration fiscale a utilisé les données pour identifier de présumés fraudeurs.