Justice

Affaire UBS: Bradley Birkenfeld sera entendu à Paris

L’ex-gérant de fortune américain, l’homme par qui le scandale est arrivé aux Etats-Unis, témoignera le 27 février prochain devant le juge d’instruction chargé de l’enquête sur UBS en France. La justice américaine a autorisé son voyage

Affaire UBS: Bradley Birkenfeld entendu à Paris

Justice L’ex-gérant de fortune américain témoignera le 27 février devant le juge d’instruction

Bradley Birkenfeld, ancien banquier d’UBS rendu célèbre par le rôle qu’il a joué aux Etats-Unis, a été autorisé par la justice américaine à se rendre à Paris. Il fera un bref séjour dans la capitale française du 25 février au 1er mars prochain: l’ex-gérant de fortune sera entendu, le 27 février prochain, au cabinet du juge Guillaume Daïeff, le magistrat qui instruit le dossier en France.

Dans l’Hexagone, la banque suisse a été mise en examen pour «blanchiment aggravé de fraude fiscale» et «démarchage bancaire ou financier illicite», tandis que la filiale française est soupçonnée de complicité de ces actes; des faits que l’établissement a toujours contestés. Selon plusieurs sources, l’information judiciaire ouverte en avril 2012 touche à sa fin. Elle pourrait se clore dans le courant du mois de mars.

Bradley Birkenfeld sera l’un des derniers témoins auditionnés par le juge. «En tant qu’ex-chargé de clientèle, il connaît la banque de l’intérieur et peut décrire de possibles montages off­shore», commente Stéphanie Gibaud, l’ancienne responsable du marketing d’UBS France. Elle connaît «très bien» Bradley Birkenfeld: c’est au moment où l’affaire a éclaté aux Etats-Unis, en 2007, qu’elle a commencé à se poser des questions sur sa propre activité. Il y a un an, celle qui organisait les événements de mise en contact entre clients et chargés d’affaires a passé une semaine chez Bradley Birkenfeld aux Etats-Unis «pour échanger et confronter des informations», raconte-t-elle au Temps. Considérée comme une paria par son ex-employeur, la lanceuse d’alerte a récemment reçu un prix de l’association Anticor. «Avec Bradley Birkenfeld, nous sommes des alliés», affirme-t-elle.

«Fournir des documents»

Selon le document de la cour de Floride qui donne son feu vert au voyage et que Le Temps a pu consulter, le juge «demande à M. Birkenfeld d’aider les enquêteurs en donnant son témoignage.» Le document précise encore que l’Américain doit «fournir des preuves documentées».

En autorisant ce déplacement international, la justice américaine fait une exception; cela ne modifie en rien les conditions auxquelles Bradley Birkenfeld reste soumis, précise le texte. Récemment, les autorités avaient refusé une demande de modification de son régime judiciaire.

L’ex-banquier vit à Boston sous un régime de la liberté surveillée jusqu’en novembre 2015. S’il a purgé 30 mois de prison sur les 40 auxquels il a été condamné pour avoir aidé des clients américains à frauder le fisc, il a aussi reçu, en 2012, 104 millions de dollars de récompense de la part de l’Internal Revenue Service (IRS). Ceci pour son rôle de lanceur d’alerte qui a permis au fisc américain de récupérer 5 milliards de dollars d’impôts. Pour UBS, le scandale s’était soldé par le paiement, il y a six ans, d’une amende de 780 millions de dollars.

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