Les Allemands sont nombreux à profiter des bilatérales pour venir s'installer en Suisse tandis que les Français préfèrent le statut de frontalier. L'année dernière, 6000 travailleurs allemands supplémentaires (+7,9%) ont pris résidence en Suisse. Le nombre de ressortissants français actifs et employés a augmenté de 2,8%, tandis que le nombre d'Italiens dans la même situation a reculé de 3,0%, d'après l'enquête suisse sur la population active (ESPA) publiée jeudi par l'Office fédéral de la statistique (OFS).

«Si l'on inclut les travailleurs frontaliers, les afflux de Français et d'Allemands sur le marché du travail deviennent comparables», précise Kurt Rohner de l'Office fédéral des migrations à Berne. Le nombre de frontaliers résidant en Italie mais travaillant en Suisse a également connu une progression rapide.

Globalement, il y avait 817 000 personnes de nationalité étrangère employées en Suisse au second trimestre 2004, soit 20,6% de la population active. Près des deux tiers sont des Européens. S'y ajoutaient 251 000 frontaliers. Sur un an, le nombre d'étrangers travaillant en Suisse, résidents ou frontaliers, a progressé de 0,4%. Dans le même temps, il y avait 3 142 000 actifs occupés de nationalité suisse. Ce nombre reculait de 0,2%.

Une stratégie payante

La politique du Conseil fédéral cherchant à favoriser l'immigration de personnes qualifiées commence à se lire dans les statistiques. Les immigrés arrivés depuis moins de 10 ans sont les plus susceptibles (33,2%) d'occuper des emplois de dirigeants, cadres supérieurs ou professions intellectuelles ou scientifiques. En effet, cette proportion n'est que de 13,1% parmi les immigrés arrivés depuis plus de 10 ans et de 24,2% parmi les Suisses.

Par ailleurs, le modèle d'intégration des immigrés semble toujours bien fonctionner. Dès la seconde génération, l'OFS ne relève plus de distinction entre les immigrés et les Suisses en matière de qualification et d'activité professionnelle.