Marie-Claude Laforest-Schär, agent immobilier depuis cinq ans au centre commercial de Balexert à Genève, a déjà placé une petite montgolfière bleu-blanc-rouge, le sigle de Re/Max, sur sa table de travail. Elle a signé son contrat de franchise la semaine dernière et n'a pas encore fini de lire l'épais cahier des charges que lui a remis le représentant de ce réseau d'agences immobilières basé dans le Colorado aux Etats-Unis. Déjà, elle est convaincue d'avoir fait le bon choix.

«Rien que l'année dernière, j'ai dû abandonner sept ventes de villas en Espagne et en Grande-Bretagne parce que je n'avais pas de correspondant à l'étranger», explique-t-elle. Une fois membre actif de Re/Max, elle pourra, contre rétribution, apporter des affaires aux autres franchisés. La notoriété du réseau a été le second facteur de sa décision: «Parmi nos nombreux clients étrangers, beaucoup connaissent Re/Max», explique Marie-Claude Laforest-Schär.

Re/Max, un raccourci de «Real Estate Maximum», est fortement implanté en Amérique du Nord, en Grande-Bretagne et dans les pays germanophones. En tout, l'enseigne regroupe 5700 agences immobilières dans 50 pays. Son implantation en Suisse romande n'a commencé que l'année dernière: sept agences ont été ouvertes. «Il y en aura au moins vingt à la fin de l'année», affirme Joseph Küttel, responsable de Re/Max Romandie. A Genève et à Lausanne, beaucoup de professionnels de la branche n'en ont encore jamais entendu parler.

En Suisse alémanique, le phénomène Re/Max a fait déjà plusieurs fois les gros titres de la presse: Cash avait parlé du «McDonald's de la branche immobilière» (09.12.2004). D'après la Berner Zeitung, «Re/Max remue le marché immobilier» (12.06.2003). Il faut dire que depuis l'ouverture de la première enseigne en septembre 2000 dans la région bâloise, la progression a été fulgurante. Avec ses 85 franchisés et un chiffre d'affaires projeté de 1 milliard de francs cette année (650 millions en 2004), Re/Max se prévaut d'être «clairement le numéro un du courtage dans l'immobilier résidentiel» en Suisse. «Ce n'est pas trop difficile: nous sommes les seuls à être actifs sur l'ensemble du territoire», tempère Joseph Küttel.

Droit d'inscription de 30 000 francs

Les grosses agences immobilières romandes, qui travaillent uniquement dans leur région, voire dans leur ville, ne semblent pas impressionnées par l'irruption de cet acteur d'un nouveau type. «Notre travail se réalise essentiellement à l'échelon local», explique un courtier genevois. En ce qui le concerne, les avantages apportés par la franchise ne valent pas le droit d'inscription de 30 000 francs (valable cinq ans) et l'abandon d'un pourcentage de ses commissions.

«Re/Max, c'est pour les coiffeurs qui veulent se lancer dans l'immobilier», persifle un important courtier. Une partie des franchisés sont effectivement des nouveaux venus dans la profession. Re/Max leur propose d'ailleurs des ateliers de formation et s'apprête à lancer son propre diplôme. A l'image de Marie-Claude Laforest-Schär, les autres recrues sont de petits indépendants qui cherchent à élargir leurs horizons.

A l'étranger, la prééminence d'acteurs locaux semble plus l'exception que la règle. En France, par exemple, les franchises sont omniprésentes. Les deux premières, Orpi et Century 21, se rencontrent dans presque toutes les villes. Century 21, également d'origine américaine, est le principal concurrent de Re/Max avec 6600 agences disséminées dans 30 pays.

Contrairement au marché suisse de la régie immobilière décrit comme «saturé et très concurrentiel», le courtage, c'est-à-dire l'achat et la vente de biens immobiliers, passe pour «rémunérateur», selon les termes d'un spécialiste. Mais la moitié des transactions échappent aux courtiers, indique Joseph Küttel. Notamment grâce à Internet, les particuliers parviennent à se passer d'intermédiaires.