Meyer Burger, Sunrise, Implenia, les actionnaires activistes ont encore fait parler d’eux cette semaine. Chacun de ces épisodes a sa propre intrigue, mais la trame présente des similitudes: à chaque fois, les agitateurs ciblent des sociétés affaiblies ou en phase de transition, dont le cours de l’action est relativement bas. Ils entrent ainsi au capital à moindres frais et cherchent ensuite à influencer la stratégie de l’entreprise. Les mots d’ordre de leurs interventions: restructurations, synergies et cessions. L’objectif: faire grimper le cours du titre.

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Chez Nestlé, Third Point a flairé le bon filon. En juin 2017, le fonds basé à New York achetait 1,3% des parts. Mark Schneider débutait alors à la tête de la multinationale et l’action valait autour des 80 francs. Un an plus tard, Third Point mettait la pression sur l’entreprise pour qu’elle accélère un recentrage sur l’alimentation. Nestlé cédait en partie et vendait sa division dermatologique Nestlé Skin Health pour plus de 10 milliards. Résultat: le cours du titre évolue autour des 100 francs aujourd’hui et profitera encore d’un rachat d’actions, nourri par la recette de cette cession.

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Si l’activiste sent, au contraire, qu’il a tiré le maximum du potentiel, il se désengage. Plus de 10%, c’est ce qu’a gagné Veraison pour un mois d’activisme intensif chez le géant de la construction Implenia. Il se retire sans même voir le résultat de la nouvelle stratégie du groupe. Parfois, rien n’y fait et l’activiste tente le coup de force. Comme Sentis chez Meyer Burger, dont l’action s’enfonce désespérément dans le rouge.

Hold-up ou coup de fouet bénéfique, les opinions sont divisées sur les interventions de ces activistes. Elles obéissent à un appétit du rendement rapide, sans forcément se soucier de la pérennité des entreprises, des emplois qu’elles représentent et de l’économie dans son ensemble.