Le gouvernement américain injectera 30 milliards de dollars supplémentaires au capital d’AIG et modifie les termes du plan de sauvetage dont bénéficie l’assureur. La compagnie publie ce jour une perte trimestrielle abyssale de 61,7 milliards de dollars, soit 99,7 milliards de pertes pour l’ensemble de l’exercice 2008.

C’est la quatrième fois depuis septembre que le gouvernement américain augmente son plan d’aide à AIG, dont la faillite avait été identifiée l’an passé comme un risque d’effondrement systémique majeur. En effet, l’assureur était devenu ces dernières années l’un des principaux émetteur de dérivés de crédits, ou «credit default swaps», un marché juteux qui s’est complètement effondré dans les premières heures de la crise financière. Cette position de garant en dernier ressort sur une somme considérable de crédits - estimée en septembre à 300 milliards de dollars - fait de l’assureur basé à New York l’un des noeuds du système financier mondial.

Après plusieurs semaines de négociation, AIG a obtenu du Trésor américain une version plus clémente de son plan de sauvetage, qui totalise déjà 150 milliards de dollars, considérant sa situation financière qui s’est encore détériorée ce dernier trimestre. Les nouvelles conditions du plan comprennent une prise de participation fédérale à auteur de 79,9% du capital, et la possibilité d’un démentèlement de la compagnie à moyen terme. La Réserve fédérale américaine (Fed) abaissera le taux d’intérêt auquel elle prête à AIG, et prolongera le délai de remboursement.

Cette nouvelle injection de capital fait d’AIG le plus important bénéficiaire du fonds américain de sauvetage de son système financier, ou TARP, un fonds qui se monte à 700 milliards de dollars, et dont AIG touche désormais 70 milliards de dollars, soit 10%. Ce montant éclipse les 50 milliards de dollars accordés à Citigroup et les 45 milliards de Bank of America.