Depuis septembre, le sort réservé à la banque privée zurichoise AIG Private Bank demeurait incertain. Jusqu'à présent, l'établissement appartenait en effet à American International Group. Le numéro un mondial de l'assurance a été sauvé cet automne du naufrage grâce à l'injection de 152 milliards de dollars dans son capital par l'Etat américain. En échange, AIG a dû s'engager à céder une partie des activités ne faisant pas partie de son cœur de métier, celui de l'assurance. Une décision qui concerne directement AIG Private Bank, spécialisée dans la gestion de fortune.

L'un des fonds souverains de l'émirat

Lundi, le nom d'Aabar Investments PJSC, un groupe financier basé à Abu Dhabi, a été dévoilé en tant que nouvel acquéreur. La société constitue l'un des fonds souverains de l'émirat. Quel sera le nouveau visage de la banque après son changement de propriétaire? Son président du conseil d'administration et directeur, Eduardo Leemann, ne craint pas pour l'indépendance d'AIG Private Bank. Au contraire: «Nous serons encore plus indépendants qu'auparavant. Aabar ne détient pas d'autres banques ou sociétés financières dans son portefeuille», souligne-t-il.

Comment réagissent les clients de la banque zurichoise? «Nous n'avons obtenu que des réactions positives», assure Eduardo Leemann. Et de citer plusieurs motifs: «Premièrement, car le nouveau propriétaire de la banque est un investisseur solide. Aabar est un fonds d'Etat stable et qui investit sur le long terme. Ensuite, car la direction actuelle et les conseillers à la clientèle restent en place, ce qui est rassurant pour nos clients.» Le nouveau propriétaire d'AIG Private Bank constituera aussi l'opportunité pour la banque de renforcer sa position sur les marchés de la région du Golfe. «Nos priorités en termes de croissance restent axées sur l'Asie, l'Europe de l'Est et le Moyen-Orient. Le fait d'appartenir à un groupe d'Abu Dhabi facilitera notre expansion dans cette région», est convaincu son directeur.

Les avoirs sous gestion ont fondu à 13 milliards

Dans l'immédiat, la crise a eu un impact important sur AIG Private Bank. Ses avoirs sous gestion ont diminué à 13 milliards actuellement, contre 21 milliards en fin d'année 2007, principalement sous l'effet de la performance des marchés, précise Eduardo Leemann.

Il souligne aussi que la transaction n'aura pas d'impact sur l'avenir de la banque Zweiplus, une coentreprise détenue par Sarasin (57,5% des parts) et AIG Private Bank (42,5%). Cet établissement, conçu comme une plate-forme de produits et de traitement destinée notamment aux gestionnaires de fortune indépendants, a démarré ses activités en juillet dernier. De la même manière, AIG Private Bank compte poursuivre ses activités dans les domaines du capital-investissement et de l'immobilier.

Pratiquement, le principal changement concret se situera au niveau de l'appellation de l'établissement. «Le choix du nom n'a pas encore été décidé. Il s'agira d'un nom suivi de l'appellation Private Bank», indique le banquier. «Un nom à consonance orientale n'est toutefois pas prévu», précise le directeur. D'ici là, la transaction devra encore obtenir l'accord de la Commission fédérale des banques (CFB).