Le Temps: Au Mozambique, la mine de charbon que vous exploitez suscite nombre de problèmes écologiques et sociaux. En particulier au niveau du relogement des paysans dont les terres ont été réquisitionnées…

Renato Neves: Non. Non. Non. En 2010, nous avons relogé plus de 1300 familles. En fait, la Banque mondiale, qui a suivi le programme, a établi dans un rapport que ce programme était un exemple de «bonne pratique». Au-delà de la construction de maisons pour le relogement des familles, nous avons également créé des écoles pour la communauté, une bibliothèque, un hôpital mobile et une maternité. Tout n’est pas parfait et nous en sommes conscients, mais tout n’est pas problématique non plus. Et nous continuons à travailler pour l’amélioration des conditions de vie des communautés.

– Quel est le nombre de familles qui n’ont pas été relogées?

– J’ai récemment lu que le gouvernement mozambicain était satisfait de notre travail. C’est un document public.

– Quelle influence avez-vous sur le gouvernement? Vous êtes tout de même un grand investisseur au Mozambique…

– Oui, Vale est le plus grand investisseur au Mozambique. Mais je connais d’autres compagnies qui ne tiennent pas leurs promesses, qui n’investissent dans aucune infrastructure dans ce pays en pleine reconstruction.

– Pouvez-vous nous dire un mot sur le Brésil? Votre pays fait partie désormais des grandes puissances…

– Comme tout le monde, nous voulons être parmi les meilleurs. Nous avons de grandes multinationales. Nous sommes autosuffisants en pétrole. Nous avons de grands projets de développement. L’Etat investit massivement pour lutter contre la pauvreté. Il vient d’augmenter le salaire minimum. Nous aimerions donner une bonne image, ici en Suisse, de notre activité et de notre pays. Et, de retour chez nous, nous devons convaincre nos dirigeants qu’ils ont fait le bon choix en s’installant en Suisse. Un partenariat de confiance entre nos deux pays ne peut être que bénéfique pour tous les deux.

– S’agit-il d’une menace cachée?

– Non, non, nous n’en sommes pas là.