Air France-KLM devrait pouvoir persévérer dans sa stratégie de redressement. Quelques jours après avoir renoué avec les chiffres noirs, grâce à un bénéfice net de 792 millions d’euros (843 millions de francs) contre 118 millions d’euros en 2015 réalisés en 2016, le groupe aérien franco-néerlandais paraît en mesure de surmonter les obstacles sociaux qui entravaient les prochaines étapes de «Trust Together» (La confiance ensemble), son plan stratégique.

L’obstacle des pilotes en train d’être surmonté

Présenté en novembre 2016 par le président-directeur-général d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac (nommé en juillet), ce plan prévoyait le lancement, en mars 2017, d’une compagnie «low cost», filiale à 100% d’Air France, positionnée au départ de Roissy sur des lignes moyen et long-courrier actuellement non rentables. La direction a obtenu pour y parvenir de recruter des hôtesses et stewards payés 40% moins cher qu’à Air France, mais l’hostilité à ce projet d’une grande partie des 3700 pilotes demeure un obstacle difficile à surmonter.

Ces derniers, consultés, devaient répondre depuis vendredi à la question suivante: «Approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courrier d’Air France dans une nouvelle structure?». Le résultat, rendu public hier, est positif. Les pilotes ont voté à 58,1% pour la création d’une filiale à coûts réduits, malgré l’opposition de l’ensemble des syndicats. Une seconde consultation est envisagée mercredi par le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire (65%) au sein de la corporation. L’entreprise a fixé au 24 février la date butoir pour un accord.

Une impasse avec les pilotes replongerait Air France dans le cauchemar économico-social des années 2014-2015, marquées par des grèves à répétition de son personnel pour protester – déjà – contre un projet de restructuration dont l’une des composantes était la montée en puissance de Transavia, la filiale low cost du groupe lancée en 2007. Le 5 octobre 2015, la photo du directeur des ressources humaines de la compagnie, la chemise déchirée par des syndicalistes en colère de la CGT avant l’ouverture d’une séance de négociations, avait fait le tour du monde.

Au final, plusieurs des manifestants avaient été licenciés sur le champ, et la justice saisie. Trois des meneurs ont été, en novembre dernier, condamnés à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny tandis qu’une dizaine d’autres employés se sont vus infliger une amende de 500 euros.

Une flotte de 28 avions

La future flotte de «Boost» devait être initialement limitée à 18 avions moyen-courriers (A320) et 10 avions long-courriers (A340 puis A350). Les premières destinations devaient être desservies à partir du mois d’octobre prochain. Le plan «Trust Together» prévoit que Transavia se concentrera sur les marchés nationaux français et néerlandais, tandis que Boost affrontera la concurrence au long cours des compagnies du Golfe. Une preuve de ce tournant a été apportée par la fermeture, à la mi-février, de la base opérationnelle de Transavia à Munich, d’où étaient desservies 21 destinations.

Le groupe Air France-KLM – qui possède également la compagnie low cost Hop! – a transporté 6,9 millions de passagers en 2016, soit 7,5% de plus que l’année précédente. Son résultat d’exploitation a atteint 1,05 milliard d’euros en 2016, plus de deux fois et demie plus élevé qu’en 2015.