«Air Littoral n'échappera pas à un plan social, confirme Dominique Lambert, représentant des syndicats des pilotes de la compagnie. Le problème reste entier. Les actionnaires n'ont pas les moyens de le financer». Marc Rochet, patron du pôle français de SAirGroup (qui a remplacé Paul Reutlinger) s'exprimait, jeudi, devant le comité d'entreprise d'Air Littoral au siège de la compagnie à Montpellier. Il n'a pas donné plus de détails chiffrés et a précisé aux membres du comité qu'il ne savait pas si «Air Littoral pourrait être sauvée». Plus inquiétant encore, il n'a pas non plus été en mesure de dire si les salaires du mois de mars pourraient être payés. «Actuellement, les Suisses subviennent encore à Air Littoral, mais on ne sait pas jusqu'à quand», ajoute le syndicaliste.

Il semble bien que le pôle français (AOM, Air Liberté et Air Littoral) soit suspendu à la conférence de presse qu'organise SAirGroup le 2 avril, lors de laquelle on devrait en savoir plus sur l'état des finances du groupe et sur sa nouvelle stratégie dans l'aérien. Le sort du pôle français – savoir si SAirGroup gardera les trois compagnies ou s'en séparera – devrait être éclairci à cette date. En attendant, Marc Rochet a déjà annoncé la suppression de lignes, notamment celle de Marseille et de la plate-forme de Nice, sans pour autant donner un délai. «C'est sûr qu'au niveau des emplois, à Nice, cela va être très difficile», affirme encore Dominique Lambert.

«Le personnel est abattu, assure-t-il encore. Il paie les erreurs stratégiques des différentes directions qui se sont succédées ces dernières années». Une autre réunion importante doit avoir lieu cette fois-ci avec AOM/Air Liberté. Elle a été reportée au 19 mars. Les syndicats, accueillis jeudi par quatre cars de CRS et par les Renseignements Généraux (police «politique» française), n'ont pas l'intention de dévoiler leurs plans d'actions.

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