Mercredi 2 mars, Airbus a lancé en Chine la construction d'un centre de finition pour long-courriers A330, sur le même site que sa chaîne d'assemblage pour A320: un nouvel argument de vente pour l'avionneur européen, qui dispute âprement à son rival Boeing le colossal marché chinois.

«C'est le premier centre d'aménagement pour gros porteurs hors d'Europe», s'est félicité le PDG d'Airbus Fabrice Brégier, lors d'une cérémonie de pose de la première pierre, dans la métropole de Tianjin, à 150 km de Pékin.

Airbus détient 60% du marché chinois des long-courriers

Ce centre, censé être opérationnel dès l'an prochain, réceptionnera des A330 assemblés à Toulouse (sud de la France) et se chargera de l'aménagement des cabines et des peintures extérieures, jusqu'aux ultimes vérifications avant livraison.

La nouvelle structure est implantée aux côtés d'une chaîne d'assemblage pour moyen-courriers A319 et A320, inaugurée en 2008 par l'avionneur, la première qu'Airbus ait établie hors d'Europe.

«L'objectif (du centre de finition) est d'être plus proche de nos clients chinois», mais aussi d'accompagner les ventes sur un segment des gros porteurs ayant le vent en poupe, a confié à la presse Fabrice Brégier.

Certes, le gros des commandes d'Airbus en Chine concernent la famille de moyen-courriers A320. Mais le groupe y contrôle également 60% du marché des long-courriers, avec une vingtaine d'A330 livrés chaque année.

Une avance que le centre de finition de Tianjin, d'où sortiront deux A330 chaque mois, est appelé à conforter.

L'installation de la chaîne d'assemblage d'A320 à Tianjin (qui produit quatre appareils par mois) a déjà contribué à une envolée des commandes d'Airbus dans le pays, où sa part de marché a bondi de 27% à 50% sur les dix dernières années.

Un marché prospère

L'avionneur européen fait désormais jeu égal avec l'américain Boeing, qui lui ne dispose pas encore d'implantation propre dans le pays. En 2015, Airbus a livré 158 avions à des clients chinois, soit 24% de sa production mondiale.

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En dépit du vif ralentissement économique, le marché aéronautique chinois est d'une santé insolente: à la faveur de l'essor de la classe moyenne, la Chine aura besoin d'acquérir 6330 avions de ligne sur les 20 années à venir, avec un triplement de la flotte du pays, selon des projections de Boeing.

La proportion des gros porteurs, encore limitée, ne fera que progresser, sur fond d'envol du tourisme international, offrant des perspectives prometteuses à l'A330, a assuré Fabrice Brégier.

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Airbus s'engage dans ce nouveau projet industriel à l'heure où la concurrence s'aiguise: Boeing a annoncé en septembre qu'il allait ouvrir sa première usine en Chine, un centre de finition pour monocouloirs B737.

De son côté, l'avionneur étatique chinois Comac entend bousculer le duopole Airbus-Boeing, avec son moyen-courrier C919, un futur rival affiché des appareils stars A320 et B737, dont le premier vol doit intervenir cette année.