Faute de clients, la construction de la version cargo du super-gros porteur A 380 a été suspendue, a indiqué Airbus jeudi soir. Cette dernière mauvaise nouvelle pour l'avionneur européen survient au lendemain de l'annonce d'une vaste restructuration comprenant la suppression de 10000 postes. Alors que ce plan «Power 8» a plutôt été bien accueilli par les responsables allemands, elle a suscité en France de vives interventions chez les candidats à la présidence.

Le rôle de l'Etat en question

A gauche, Ségolène Royal a demandé qu'une «logique industrielle» remplace la «logique financière» actuellement à l'œuvre. Elle en a appelé à une plus grande intervention de l'Etat. Le secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a directement accusé «les gouvernements depuis 2002 de ne pas avoir joué tout leur rôle de vigilance, de contrôle et même de nomination».

François Bayrou, au centre, a lui aussi demandé le soutien de l'Etat, «comme le font les Etats-Unis avec Boeing». Il s'est montré désireux de rencontrer le personnel et les responsables d'Airbus. Le candidat de la majorité, Nicolas Sarkozy, souhaite au contraire un désengagement des pouvoirs publics, estimant que les Etats ne sont pas les actionnaires les plus «avisés». Le premier ministre a lui jugé «nécessaire» et «équitable» le plan de restructuration négocié par Paris et Berlin.

De leur côté, les salariés préparent des manifestations pour les jours à venir. Ils demandent aussi la tenue d'un comité d'entreprise européen.