«Une année record, la meilleure de l'histoire du groupe.» Cees van Lede, président d'Akzo Nobel, a présenté vendredi des résultats annuels pour l'exercice 2000 en forte progression. Le bénéfice net – hors éléments exceptionnels – de la multinationale active dans la chimie et la pharmacie a bondi de 25% pour atteindre 946 millions d'euros (environ 1,5 milliard de francs).

Toutes les branches ont contribué à la croissance des profits. La chimie a vu son résultat d'exploitation augmenter de 16%, à 456 millions d'euros. La croissance des activités revêtements – Akzo est numéro un mondial sur ce marché – est de 3%, à 455 millions d'euros. Le secteur pharma confirme sa position de locomotive des bénéfices – 47% du total –, avec une augmentation de 30%, à 772 milliards d'euros. Le retour sur investissement par branche présente aussi de forts contrastes. Il est de 34,6% pour la pharmacie, en baisse par rapport au taux de 36,4% atteint l'année précédente. Celui des revêtements est stable, à 20,1%. La chimie est encore à la traîne, avec 15,4%. Le chiffre d'affaires total a augmenté de 15%, à 14 milliards d'euros. Mais la croissance autonome se limite à 4%, tandis que les effets positifs des taux de change comptent pour 7%.

Mais Cees van Lede prévoit une année 2001 difficile, avec toutefois une croissance de l'ordre de 5 à 6% du bénéfice. «Nous voulons atteindre la barre du milliard d'euros», a-t-il déclaré vendredi. L'objectif est modeste? Il a au moins le mérite d'être annoncé, affirme Cees van Lede. «Les analystes pensaient que nous ne ferions pas de pronostic, du fait des prévisions conjoncturelles en Europe et aux Etats-Unis, et compte tenu des possibles effets de change. Or, personne n'est à l'abri du retournement des marchés», justifie le président du groupe.

Acquisitions dans la chimie

Akzo Nobel fait régulièrement l'objet de rumeurs de «spin-off», ses activités dans la pharmacie pouvant être introduites en Bourse. «Nous ne pouvons rien exclure à terme. Mais, pour l'instant, ceclane figure pas sur notre agenda.» En revanche, le groupe pourrait procéder à des acquisitions dans la chimie. Aux yeux de Cees van Lede, la branche se caractérise de plus en plus par l'existence de quelques mastodontes – «DuPont, Dow, nous-même» – et par des groupes qui ont, affirme-t-il, commis l'erreur de devenir trop petits à force de se concentrer sur un nombre d'activités de plus en plus restreint. «Ces entreprises ne sont plus attractives pour des marchés de capitaux qui, à l'inverse, se concentrent et deviennent de plus en plus gros, le meilleur exemple étant l'alliance des Bourses d'Amsterdam, Paris et Bruxelles.» Certaines sont à vendre. «Avant, il fallait payer huit fois l'EBITDA, ce qui était exagéré. On descend à six fois ce montant. Cela devient intéressant», affirme Cees van Lede.

Akzo n'a toujours pas répondu officiellement à l'offre faite par Bio Mérieux de racheter ses activités de diagnostic. «Nous devons en référer à divers organes de consultation à l'intérieur de la société», rappelle le président d'Akzo. Ce dernier a également indiqué que le groupe fait actuellement l'objet d'enquêtes pour concurrence déloyale dans la chimie, «aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Nous avons durement sanctionné les responsables, et nous avons pris des mesures pour que ce type de désagrément ne se reproduise plus», s'est-il contenté de préciser.