Alan Greenspan semble avoir retrouvé confiance dans l'économie américaine. Certes, le président de la Réserve fédérale (Fed) a estimé lors de son discours devant le Sénat que la croissance ralentirait en 2001. Mais, selon ce dernier, l'hypothèse d'une récession devrait être évitée grâce aux investissements dans les nouvelles technologies qui permettent d'améliorer la productivité. Signe que la conjoncture se présente un peu mieux, le grand argentier a abandonné le parler clair des périodes d'incertitude pour truffer à nouveau son intervention de signaux contraires. L'horizon se dégage, certes, mais Alan Greenspan a lancé aux sénateurs américains: «Des surprises peuvent toujours arriver.» Pragmatique, ce dernier a souligné qu'il pourrait à nouveau initier une baisse des taux pour éviter une éventuelle récession.

Chefs d'entreprise confiants

Sur le fond, l'économiste ne s'est pas déjugé par rapport à ses précédentes interventions où il avait agité le spectre de la récession. Alan Greenspan a qualifié la croissance actuelle d'anémique et estimé qu'elle s'était peut-être même éteinte lors du changement d'année. Le taux de croissance de l'économie américaine devrait être de 2% à 2,5% en 2001, en a-t-il conclu, alors que les prévisions de la Fed établies en juillet tablaient sur une croissance de 3,25% à 3,75%.

Mais la croissance actuelle paraît plus forte que celle du dernier trimestre 2000, qui affichait un taux de croissance de 1,4% en rythme annuel. Ce qui justifiait, a souligné son patron mardi, les initiatives de la Fed, à savoir les deux baisses de taux d'intérêt d'un demi-point effectuées en janvier. La machine devrait repartir car la productivité reste structurellement forte, et de nombreux chefs d'entreprise gardent confiance dans leurs investissements pour les nouvelles technologies.

Autre bonne nouvelle: des statistiques publiées mardi indiquent que les ventes de détail en janvier se sont appréciées de manière significative. C'est même leur plus forte progression depuis septembre avec +0,7% à 273 milliards de dollars. Traduction: les consommateurs américains reprennent confiance et se remettent à dépenser. Les analystes y trouvent une excellente raison d'espérer: on n'a jamais vu personne consommer d'avantage en période de récession. Au contraire, ce regain dont l'ampleur reste à confirmer ces prochains mois pourrait soutenir l'expansion de l'économie américaine, qui entre dans sa dixième année.