Alan Greenspan, qui a longtemps privilégié la réduction de la dette aux largesses fiscales, s'est rallié jeudi au plan de baisses d'impôts proposé par le nouveau président George W. Bush. «Si le critère est la stabilité budgétaire, il est bien mieux, selon moi, de réduire les excédents par des baisses d'impôts que par des augmentations de dépenses», a déclaré Alan Greenspan devant la commission budgétaire du Sénat américain. «Sur le long terme, le fait que le gouvernement fédéral détienne trop

d'argent provenant du secteur privé risque de diminuer les performances de nos marchés

financiers, réduire l'efficacité de l'économie et créer un niveau de vie général plus bas que celui qui pourrait être atteint autrement», a-t-il poursuivi.

L'autre explication de ce changement d'opinion réside dans la crainte d'une récession aux Etats-Unis qu'une baisse d'impôts – de 1600 milliards de dollars sur dix ans – pourrait

endiguer, selon Alan Greenspan.

Se penchant sur l'état de son patient, l'activité économique, il a fait preuve d'un pessimisme marqué en affirmant que le ralentissement était très prononcé et la croissance actuellement proche de zéro. Il a ajouté que les pressions inflationnistes étaient «exceptionnellement bien contenues».

De tels propos, qui ont eu une incidence sur l'euro mais non sur les marchés américains, ont immédiatement été interprétés comme le prélude à une baisse des taux d'intérêt la semaine prochaine, lors de la réunion du Comité monétaire.