Recrutement

Alec Allan, un chasseur de têtes à l’ancienne qui plaît

La société ressort parmi les meilleurs recruteurs romands, selon un sondage de Statista qui a interrogé plus de 600 candidats et responsables des ressources humaines

Cet article fait partie d’une série consacrée aux meilleurs recruteurs de Suisse réalisée en partenariat avec la «Handelszeitung». Les cabinets de recrutement ont été classés par catégorie, selon un sondage effectué auprès de responsables RH d’entreprise, de recruteurs externes et de candidats.

Retrouvez les classements dans leur intégralité

Dans un immeuble discret de la rue De-Candolle, à Genève, la société Alec Allan & Associés reçoit ses clients dans des salons feutrés, avec cheminée en marbre noir sur laquelle trônent des orchidées.

«La discrétion est essentielle dans notre métier», rappelle Linda Allan, cofondatrice de ce cabinet dont le métier consiste à chasser des têtes. De nombreuses multinationales mais également des PME, fondations, collectivités publiques ou associations font appel à ce cabinet pour trouver leur perle rare: un avocat, un fiscaliste, un directeur, un spécialiste de la finance ou de la communication.

«Nous nous occupons par exemple de la plupart des recrutements juridiques chez Nestlé», glisse Martine Gauderon Alec, cofondatrice. «Nous sommes actifs dans toutes les industries, à l’exception des emplois en informatique ou dans la haute technologie», ajoute Marc-Antoine Glauser, le troisième associé d’Alec Allan.

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Travail à l’ancienne

Linda Allan et Martine Gauderon Alec ont lancé leur cabinet en 1999 avec audace, sans l’ombre d’un mandat ou d’un candidat. L’une était consultante en entreprise, l’autre exerçait comme avocate. Elles ont bâti leur réputation petit à petit, au cours des ans.

Aujourd’hui, leur société qui emploie 16 personnes bénéficie d’environ 300 mandats par année. Les employeurs apprécient l’important réseau de cette PME qui s’appuie sur un vivier de 30 000 candidats potentiels, basés aussi bien en Suisse qu’à l’étranger.

«Nous avons grandi très lentement, comme les cernes des arbres», compare Martine Gauderon Alec, installée dans un fauteuil dont le tissu évoque des navires antiques. «Nous travaillons à l’ancienne, avec une relation à long terme et très personnalisée avec nos candidats et nos clients», ajoute Linda Allan, dont la société ressort parmi les meilleurs recruteurs romands, selon un sondage de Statista qui a interrogé, entre le 10 octobre et le 16 novembre 2018, plus de 600 candidats et responsables des ressources humaines d’entreprises.

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Alec Allan ne fait pas passer des tests psychologiques ou des entretiens déstabilisants à ses candidats mais vérifie scrupuleusement leurs références. Ce cabinet cherche à découvrir leurs motivations, la raison qui les pousse à passer d’un poste à l’autre. Au final, seules 10 à 15% des personnes qui passent la porte d’entrée d’Alec Allan trouveront un emploi via leurs services.

En revanche, le cabinet genevois parvient à répondre aux demandes de ses clients dans plus de 80% des cas et touche des honoraires qui s’élèvent entre 15 et 30% du premier salaire annuel brut de la personne recrutée. Son chiffre d’affaires progresse légèrement, sans publicité ou campagne de marketing. Pourtant la concurrence entre chasseurs de têtes est féroce – on en compterait près de 400 à Genève uniquement. Le recrutement via les réseaux sociaux, de type LinkedIn, s’intensifie également. De plus, les départements de ressources humaines externalisent de moins en moins leurs recherches de cadres à des chasseurs de têtes.

Le cabinet genevois a fait la tentative d’ouvrir un bureau à Zurich mais a rapidement renoncé à ses ambitions suisses alémaniques. En revanche, les trois associés ont ouvert une deuxième société, OtherWise9, qui fournit tous les services dont ont besoin les départements de ressources humaines. Celle-ci est également active dans l’outplacement, la formation, la médiation ou la gestion des risques psychosociaux.

De plus en plus d’exigences

Les trois associés d’Alec Allan s’accordent pour dire que les exigences des employeurs ont augmenté au fil des ans. Les cahiers des charges sont de plus en plus détaillés. Les candidats doivent posséder plusieurs diplômes, connaître plusieurs langues et bénéficier d’un excellent carnet d’adresses. L’énergie et la motivation des candidats restent toujours des critères essentiels, quel que soit le secteur ou le poste visé. «Avant, on sélectionnait les candidats davantage sur leur personnalité que sur leurs compétences. Désormais, c’est l’inverse, déplore Linda Allan. Je n’aimerais pas me retrouver sur le marché de l’emploi actuellement. A partir de 45, voire 50 ans, c’est très difficile de retrouver du travail. La situation se détériore pour les seniors et reste compliquée pour les juniors.»

Il y a aussi une plus grande concurrence internationale. «Je place davantage d’avocats étrangers en Suisse que d’avocats suisses en Suisse», reconnaît Martine Gauderon Alec.

Mais les exigences des candidats augmentent elles aussi. «Ils ne veulent plus travailler comme des forcenés et sont prêts à faire des concessions sur leur salaire pour avoir une vie de famille.»

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