Alexandre Col, star de la gestion alternative, crée la société Iteram

Fonds L’entreprise de l’ex-membre du comité exécutif d’Edmond de Rothschild aura un siège à Genève et un autre à Luxembourg

Le président de la nouvelle société est Claude Messulam

Alexandre Col est de retour. Cette figure emblématique de la gestion alternative, qui avait géré l’expansion des fonds de fonds au sein d’Edmond de Rothschild (BPER), était membre du comité exécutif. Après avoir annoncé avec fracas son départ pour décembre 2014, il s’associe pour créer Iteram.

C’est un événement. Tout le monde attendait de savoir comment rebondirait Alexandre Col, l’un des grands défenseurs de la place suisse des fonds de placement et de l’asset management helvétique. Avec qui allait-il s’associer? Comment se composerait son tour de table?

La création d’une nouvelle société de gestion est en soi un événement. Il n’y a eu guère de nouvelles initiatives semblables en 2015, dans un contexte de régulation accrue et de profonde transformation de la place financière suisse.

Iteram se réfère au latin iter, la voie. Le message est simple. Alexandre Col suit son propre chemin, celui de la gestion d’actifs, en majorité dans la gestion alternative, et également dans l’allocation d’actifs.

L’équipe d’Iteram comprend 14 personnes dont les trois anciens bras droits d’Alexandre Col à la banque Edmond de Rothschild, avec qui il s’associe: Alexandre Pini, Marc Sbeghen et Jaume Sabater. Le capital est réparti entre ces quatre gérants. Quant au président du conseil d’administration, ce sera Claude Messulam, lequel était président du comité exécutif de la banque Edmond de Rothschild de 2001 à 2012.

La direction présentait mardi à Genève les contours et la stratégie de sa nouvelle société. Les orientations montrent qu’Alexandre Col maintient son opinion sur les tendances de fond de la gestion d’actifs: «Je n’ai pas changé d’avis», déclare-t-il. Il reste convaincu qu’en raison des développements réglementaires, il est nécessaire d’établir une structure dans l’Union européenne. Iteram sera donc bicéphale, avec un siège à Genève, destiné à la recherche et au service de la clientèle suisse, et l’autre au Luxembourg pour toute l’admi­nistration, l’ingénierie, la conformité réglementaire, les services juridiques. «Si l’on décide d’être en Europe, il est préféra ble d’être incorporé au même endroit que ses propres fonds de placement et leur régulateur», explique-t-il. Toute l’administration sera donc située au Grand-Duché. «L’avenir des fonds européens se situe au Luxembourg», déclare-t-il.

Mais Alexandre Col demeure convaincu qu’«il est important d’être en Suisse, là où sont les clients et le pays où l’on a fait sa vie et sa carrière». Iteram n’aura pas de fonds de droit suisse, au sein de la société de celui qui avait établi son propre projet de loi suisse sur les placements collectifs, mais il reste convaincu que la place de Genève est incontournable dans la gestion d’actifs. Le gérant ne distribuera pas non plus de fonds UCITS de gestion passive, les produits européens susceptibles d’intéresser le grand public, mais des produits AIFM réservés aux investisseurs professionnels. «Nous allons offrir des produits de niche en vertu d’une stratégie opportuniste. Pas de gestion passive. La gestion d’actifs est un «people business». Je crois à l’homme», lance le gérant.

Alexandre Col continue également de croire aux mérites de l’indépendance, garante d’efficacité et de liberté, et de l’architecture ouverte, c’est-à-dire à l’offre des meilleurs fonds disponibles dans le monde. Sa structure se veut également verticalement intégrée («one stop shop», dans le langage anglo-saxon), tous les services étant concentrés en un seul lieu.

Iteram a déjà réuni plus de 600 millions de dollars (583 millions de francs) d’actifs sous gestion. La société se veut aussi active dans l’ingénierie financière, la création de fonds et l’administration. Elle a attiré 800 millions de dollars d’actifs dans cette seconde activité.

Si la majorité des actifs est gérée dans son domaine de prédilection, l’alternatif, Alexandre Col promet d’être présent dans toutes les classes d’actifs, y compris l’immobilier. Il souhaite d’ailleurs introduire un produit immobilier étranger coté en bourse.

Il ajoute immédiatement que l’alternatif démontre cette année encore tout son intérêt dans un contexte de rendement obligataire nul ou négatif et de marchés d’actions difficiles. «L’alternatif est aujourd’hui un substitut à l’obligataire», observe-t-il.

«Nous allons offrir des produits de niche en vertu d’une stratégie opportuniste», lance le gérant