secret bancaire

Alexandre Zeller: «Les données de Falciani sont inexactes»

Les retraits de fonds sont jusqu’ici «minimes et les clients de la banque ne sont pas insécurisés», a déclaré le patron de HSBC Private Bank

L’affaire Falciani et les données volées à HSBC Private Bank continue de faire des vagues. Le nombre de noms concernés reste fort débattu. Dans une interview à la SonntagsZeitung et au Matin Dimanche, Alexandre Zeller, patron de la banque genevoise, a expliqué que «c’est une liste de 7 noms que nous a montrée le Ministère public de la Confédération». Les données de Falciani que j’ai vues comportent «des inexactitudes et des incohérences». Le nombre évoqué contraste donc totalement avec les 3000 noms avancés par certaines sources. Cela représenterait, «un total de trois milliards d’euros», affirmait hier un article du Journal du Dimanche.

Rien d’un Robin des bois

La manière dont le vol s’est produit reste encore peu claire. Il est possible qu’il se soit produit lors d’une adaptation du système entre 2006 et 2007. «Une chose est claire, Falciani n’a rien d’un Robin des bois», a-t-il affirmé.

Le banquier ajoute que les données proviennent de différents systèmes que son ex-employé a ensuite tenté de rassembler selon le principe du puzzle. Ces données sont «difficiles à exploiter tant sous l’angle technique que juridique». La majorité de la clientèle de la banque «n’est pas insécurisée» puisqu’elle n’a reçu que 150 appels à Zurich et Genève. Les retraits de fonds sont «minimes». Alexandre Zeller répond par la négative à la question d’un éventuel dédommagement aux clients lésés par cette affaire. Il a demandé de ne pas inverser les rôles. La banque ne craint pas de plaintes puisqu’elle est «la victime et non la coupable». «C’est un peu comme si un convoyeur de fonds détournait une camionnette et que le pays dans lequel il se serait enfui gardait le butin, la camionnette et offrait en plus sa protection au convoyeur», s’est-il exprimé.

Son patron ne se fait «aucun souci» sur les soupçons de blanchiment d’argent sale exprimés par Eric de Montgolfier. La banque «est très stricte sur cette question. Si nous avions eu le moindre doute nous l’aurions annoncé». Alexandre Zeller a ajouté que «Eric de Mont­golfier ne parle que déceler s’il y a des soupçons de blanchiment parce que c’est la seule façon pour lui de garder le dossier». Le banquier a également précisé qu’il n’a pas accès aux informations du procureur et que celui-ci ne les a pas fournies aux autorités suisses.

Le Ministère suisse des finances aurait été mieux informé de l’affaire qu’il ne le prétendait. Depuis le 26 janvier dernier, l’administration fédérale des contributions (AFC) aurait été informée à de nombreuses reprises par le Ministère public de la Confédération, selon la SonntagsZeitung. Les informations fournies seraient «détaillées et en aucun cas aussi rudimentaires» que le Département des finances ne l’a affirmé. Le Ministère public l’a confirmé au quotidien. Les deux employés soupçonnés étaient en possession de données protégées par le secret bancaire. Mais ces informations n’ont eu aucune conséquence politique. Le 1er septembre dernier, le Ministère public de la Confédération a envoyé une seconde lettre à l’administration des contributions, selon la porte-parole de cette dernière. L’affaire HSBC a été à nouveau évoquée. Et à nouveau rien ne s’est produit. Par contre Hans-Rudolf Merz affirme n’avoir eu connaissance du dossier que peu avant la séance du Conseil fédéral de mercredi dernier.

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