Marketing sportif

Avec Alibaba, les Jeux Olympiques penchent un peu plus vers l’Asie

Le géant chinois du e-commerce devient sponsor du CIO jusqu’en 2028. L’accord a été annoncé à Davos jeudi, au lendemain de la visite du président Xi Jinping au siège de l’organisation à Lausanne

La Chine accroît son emprise sur le sport globalisé. Moins d’un an après le partenariat signé entre le conglomérat Wanda et la FIFA, c’est au tour d’un autre géant chinois, Alibaba, de s’offrir une visibilité mondiale.

Jeudi à Davos, le président et fondateur du groupe d’e-commerce, Jack Ma, a annoncé qu’Alibaba devenait sponsor du Comité International Olympique (CIO) jusqu’en 2028. Assis aux côtés du président du CIO, Thomas Bach, dans un des salons du World Economic Forum (WEF), Jack Ma a expliqué que ce partenariat était l’une des étapes de sa stratégie d’internationalisation. Alibaba, symbole de la transformation de l’économie chinoise en un marché de consommateurs, revendique 500 millions d’acheteurs enregistrés. Mais il ne cache pas son ambition de quadrupler de chiffre d’ici 2020.

La moitié des Jeux en Asie

C’est cette exposition globale qui a séduit le CIO. Lequel a confié trois missions à Alibaba. D’abord, le groupe va gérer ses infrastructures informatiques (cloud) pour améliorer l’analyse de données durant les Jeux Olympiques. Il va également créer une plateforme de vente en ligne dédiée aux produits dérivés pour «les fans qui recherchent des produits olympiques fabriqués par des détenteurs de licences officiels». Enfin, Alibaba développera la diffusion de la chaîne olympique sur le territoire chinois.

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En échange d’un montant non divulgué, le groupe peut, lui, utiliser «à des fins publicitaires et promotionnelles des marques et images des Jeux Olympiques». Il rejoint un club de douze sponsors «Top Tier» qui comprend Coca Cola, Samsung, Toyota, Visa ou encore la marque suisse Omega.

Ce contrat fait pencher un peu plus le CIO vers l’Asie. Alibaba sera à ses côtés pour les Jeux d’hiver coréens de PyeongChang en 2018, ceux d’été à Tokyo, en 2022, pour les jeux d’hiver de Pékin, deux ans plus tard, ainsi que lors de JO de 2024, 2026 et 2028, pour lesquels les villes hôtes ne sont pas encore connues.

Un négociateur lausannois

Cette annonce intervient une année après les premières discussions entre le CIO et Alibaba. Et au lendemain de la visite du président chinois Xi Jinping au siège du CIO à Lausanne, mercredi. Une visite durant laquelle le dirigeant et Thomas Bach ont, entre autres, «discuté de la manière dont les liens déjà robustes entre le CIO et la Chine pouvaient être renforcés à l’avenir».

Entre ces deux partenaires, il y a un Lausannois. Olivier Glauser travaille sur ce contrat depuis six mois, confie-t-il au Temps. Sa société, Shankai Sports, a été engagée par Alibaba pour négocier avec le CIO. «Que ce soit dans l’e-commerce, les médias numériques ou le Big Data, le savoir-faire d’Alibaba correspond exactement aux besoins du CIO», résume-t-il depuis Davos.

1 million d’emplois? «Je suis sérieux»

Lors de la conférence de presse de jeudi, un journaliste a par ailleurs demandé à Jack Ma ce qu’il pensait de Donald Trump, qu’il a rencontré en début d’année, et s’il avait véritablement l’intention de créer 1 million d’emplois aux Etats-Unis, comme il l’avait affirmé. Réponses: «Il s’est montré ouvert à mes suggestions» et «je suis sérieux. Je ne pourrais pas me permettre d’en faire une blague».

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