Avec Alibaba, Masayoshi Son invente la pierre philosophale

Il y a 14 ans, Jerry Yang, le cofondateur de Yahoo!, organisait une rencontre entre Masayoshi Son, le PDG de l’opérateur téléphonique japonais Softbank, et un petit entrepreneur chinois nommé «Jack Ma», qui tentait, alors, de faire prospérer, en Chine, un site de commerce en ligne baptisé «Alibaba».

Le courant est immédiatement passé entre les deux hommes et le patron japonais a immédiatement investi 20 millions de dollars dans Alibaba. «Il aura suffi d’un regard, une intuition presque animale», se souviendra plus tard Masayoshi Son qui poussera ensuite son investissement à 100 millions de dollars pour s’imposer comme le premier actionnaire du groupe chinois, avec maintenant 32,4% des parts de la société.

Son investissement est désormais valorisé à plus de 50 milliards de dollars. Et ce week-end, Softbank a indiqué qu’il pensait enregistrer, suite à l’entrée en bourse la semaine dernière d’Alibaba, un gain exceptionnel de l’ordre de 500 milliards de yens (3,5 milliards d’euros) sur ses comptes semestriels. «Le montant n’est pas définitivement arrêté», a précisé le groupe dans un communiqué. Cet enregistrement correspondra à un «gain sur variation de capitaux» découlant de «l’émission par Alibaba de nouveaux titres et de la transformation en actions ordinaires des obligations préférentielles convertibles de cette société», a-t-il précisé.

Malgré ce formidable gain, les investisseurs, qui ont largement intégré ces dernières semaines le gain réalisé par Softbank dans l’opération Alibaba, semblaient, ce matin, presque déçus sur la place de Tokyo. Ils poussaient même le titre du groupe, qui avait progressé de 30% sur les six dernières semaines, dans une étonnante chute de 5%.

Les Hongkongais divisés face à Pékin

Comment résoudre le casse-tête chinois ? Cette question divise de plus en plus nettement la société hongkongaise. En témoignent les divergences flagrantes entre, d’un côté, une partie de la population, et notamment les étudiants, et de l’autre, une frange importante du patronat.

Les étudiants entament aujourd’hui une semaine de boycott des cours, dont le suivi servira de test à la détermination de tous ceux qui refusent de se soumettre à un projet de réforme imposé par Pékin. Ce projet consisterait à permettre au peuple hongkongais d’élire, en 2017, un chef de gouvernement… mais en le sélectionnant dans une liste constituée par le Parti Communiste chinois.

A l’évidence, la proposition est irrecevable pour une partie de la population qui s’accroche à la promesse de Pékin, faite en 2007, d’accorder le suffrage universel aux Hongkongais en 2017. Preuve que l’inquiétude est à la hausse, un sondage publié ce matin révèle qu’un Hongkongais sur cinq envisage désormais l’émigration pour échapper à l’emprise de plus en plus évidente de Pékin sur l’ancienne colonie britannique.

Mais au moment où les opposants à Pékin donnent de la voie et trouvent des échos dans la population, les grands noms du business hongkongais appellent, au contraire, à cesser un mouvement démocratique qui, selon eux, nuit au calme et à la bonne réputation de Hong Kong. Une délégation de 70 patrons est arrivée, ce weekend, à Pékin, pour y rencontrer les plus hautes autorités de l’Etat, en particulier le président Xi Jinping.

Ces derniers, dont les affaires sont étroitement imbriquées avec la Chine continentale, jugent au contraire que la trajectoire actuelle est la bonne et que la réforme proposée par Pékin pour l’élection de 2017 doit être acceptée sans retenue. Pour certains analystes, il est de plus en plus clair qu’une alliance de fait est apparue entre des tycoons cherchant à garder leur mainmise sur les affaires de la ville et un pouvoir pékinois qui redoute l’expression trop violente de forces centrifuges à Hong Kong.

Les entreprises japonaises anticipent une reprise de la consommation

Dans une nouvelle étude publiée, ce matin, par le Nikkei, 46% des entreprises japonaises interrogées estiment que la demande intérieure, qui équivaut à 60% du PIB nippon, devrait finalement repartir au cours du dernier trimestre après avoir connu une phase très difficile au lendemain du relèvement, en avril dernier, du taux de TVA dans le pays.

En juin, les sociétés pariaient massivement sur une reprise de la consommation dès septembre mais les mauvaises conditions météo dans l’Archipel auraient, selon elles, finalement décalé ce redémarrage. Pariant sur le rallumage du moteur de la demande intérieure, les groupes estiment que la croissance du PIB va aussi naturellement redémarrer et 80% des sondés assurent qu’ils vont maintenir sur l’exercice fiscal, qui s’achèvera en mars 2015, leurs stratégies d’investissement formulées en début d’année. Seules 2% des sociétés interrogées indiquent qu’elles vont revoir à la baisse dans les prochains mois ces projets d’investissements.