E-commerce

Alibaba poursuit sa croissance en lorgnant l’Europe

La première plateforme mondiale de vente en ligne triple le volume de ces transactions par rapport à 2012. Elle s’intéresse aux produits suisses

Le leader mondial du commerce en ligne Alibaba a passé la barre des 3000 milliards de yuans de transactions, soit 448,4 milliards de francs. Objectif accompli pour Taobao et Tmall – les deux plateformes gérées par Alibaba – qui triplent leur trafic par rapport à 2012, à l’approche de la clôture de leur année fiscale fin mars. Leur principal rival JD. com plafonne, lui, à 69,1 milliards de francs sur la même période.

«Si les plateformes que nous gérons étaient une province, nous serions la 6e de Chine», s’est réjoui lundi le vice-président d’Alibaba, Joe Tsai, sur le blog de l’entreprise. Or, ces chiffres restent contestés. La concurrence accuse Alibaba de gonfler le volume de ces transactions en omettant d’agir contre les fausses opérations qui pullulent sur ces plateformes.

Fausses transactions

Un marché noir s’est développé permettant aux vendeurs prêts à mettre le prix de progresser dans la hiérarchie du site et d’engranger de meilleures notes. Une problématique reconnue l’année dernière par Alibaba. Selon ses estimations pour la plateforme Taobao, quelque 17% des vendeurs avaient réalisé, en 2013, un total de 500 millions de fausses opérations pour 10 milliards de yuans (1,5 milliard de francs).

Autre problématique récurrente: celle des contrefaçons et des produits avariés. L’année dernière, Alibaba a engagé 200 personnes afin de débarrasser son site de ses produits indésirables. Mais les préoccupations restent. «Les scandales limitent la propension des chinois à consommer sur internet. Or, la confiance, c’est l’essentiel dans l’e-commerce», rappelle Carlo Terreni, directeur de Netcomm Suisse, l’association du commerce en ligne helvétique.

Marché interne

Consciente de ces défis et pour soutenir sa croissance, Alibaba a décidé de s’ouvrir davantage à l’international. Pour Carlo Terreni, la plateforme – dont 83% des achats proviennent de Chine – est plus intéressée par les vendeurs que par les consommateurs européens. «Il y a quelques mois, quinze représentants de sites d’e-commerce chinois nous ont rendu visite à Berne, explique Carlo Terreni. Ils ne cherchaient pas à s’implanter chez nous mais à tracer l’origine de nos produits pour les proposer chez eux.»

Le marché chinois, qui progresse à un rythme soutenu, attire désormais toutes les convoitises. Selon une récente étude de l’Observatoire Netcomm Suisse, 3% des habitants de Shanghai et Shenzhen 4,5 milliards de dollars sont dépensés sur des plateformes d’e-commerce étrangères. Et 3% des ressortissants de ses deux villes achètent déjà des produits suisses sur internet.

Lire aussi: Apple Pay s’attaque à la Chine

C’est précisément Alibaba qui est devenu le symbole de la transition chinoise vers un marché de consommation. La plateforme a lancé plusieurs projets afin de rendre ses produits accessibles toutes les zones du pays. Actuellement, 120’000 des 600’000 villages de Chine peuvent recevoir des commandes, a précisé la direction du site.

Publicité