Alibaba poursuit son expansion aux Etats-Unis en investissant dans Snapchat

Internet Le géant chinois du commerce en ligne aurait injecté 200 millions dans la start-up

Les deux sociétés en parlaient déjà l’été dernier. Puis, en septembre, l’entrée à la bourse de New York d’Alibaba est venue bouleverser le calendrier. L’investissement du géant du commerce en ligne chinois dans la start-up californienne Snapchat avait donc été remis à plus tard.

Selon plusieurs médias anglo-saxons l’affirmant jeudi, c’est désormais chose faite. Alibaba aurait accepté d’injecter 200 millions de dollars dans la société américaine qui a conçu une application permettant d’envoyer des photos éphémères, détenant ainsi 1,7% de son capital. Snapchat, dont l’outil a rencontré un immense succès auprès des adolescents – ils seraient 170 millions à l’utiliser –, est ainsi valorisée à 15 milliards. Soit une progression de 50% depuis sa dernière levée de fonds à la fin de l’année dernière.

Elle devient ainsi la troisième start-up au monde par sa valeur, derrière le chinois Xiaomi (45 milliards) et Uber (40 milliards). En 2013, Facebook avait tenté mais échoué à racheter Snapchat. Le réseau social avait mis 3 milliards sur la table. Reste un détail: Snapchat ne dégage toujours aucun bénéfice.

Rivalité dans la Silicon Valley

Outre les messages éphémères, Snapchat a lancé un partenariat avec des groupes de médias, dont CNN, la chaîne de sport ESPN, National Geographic et Vice. Cette plateforme, Discover, lancée en janvier, permet de regarder des vidéos en ligne pendant 24 heures. La société basée à Los Angeles développe en parallèle un système pour envoyer de l’argent.

Alibaba, qui avait réalisé la plus grande entrée en bourse au monde en levant près de 25 milliards, continue ainsi son expansion vers l’Ouest. Le groupe chinois n’a d’ailleurs pas peur d’empiéter directement sur le terrain des géants américains de la technologie. La semaine dernière, une de ses filiales a annoncé son intention d’ouvrir un centre de données en nuage (cloud) dans la Silicon Valley. Elle s’adressera d’abord à des entreprises chinoises actives en Amérique du Nord, mais a bien l’intention d’étendre son offre.

Concurrent d’Uber

Alibaba a également investi dans d’autres start-up américaines. Dont 250 millions dans Lyft, un concurrent d’Uber, qui vient à nouveau, hier, de lever plus d’un demi-milliard pour financer son développement. Le groupe chinois a aussi pris une participation de 215 millions il y a un an dans Tango, une application qui permet de téléphoner et d’envoyer des messages gratuitement. D’autres investissements ont été réalisés dans Quixey, un moteur de recherche, à hauteur de 50 millions en octobre 2013 et Kabam, qui développe des jeux vidéo, à hauteur de 120 millions en juillet.

Au début du mois de février, Alibaba a fait une incursion dans un autre domaine. La société s’est engagée avec Lending Club, la plateforme américaine de prêts entre particuliers entrée en bourse en fin d’année dernière. Le but: offrir des emprunts à des petites entreprises américaines clientes d’Alibaba.

Interrogé par des médias, le patron du groupe, Jack Ma, dit toujours que la Chine reste sa priorité. Rien ne semble par ailleurs l’empêcher de lorgner l’étranger.

Fin janvier, le géant chinois avait fait état de ventes en hausse de 40% à 4,42 milliards au troisième trimestre, décevant les attentes des analystes et entraînant une chute de 10% en bourse.