Les autorités japonaises tirent les leçons des restructurations bancaires provoquées par la récession en cours. Un assouplissement important des conditions imposées aux banques pour fermer et ouvrir des succursales devrait être entériné ces jours-ci par la FSA, l'agence de supervision financière nipponne. L'objectif de ces nouvelles directives est de favoriser la compétition entre les banques, alors que les règles en vigueur avaient au contraire pour but de la décourager. Un projet de loi déposé par le gouvernement sur la base des recommandations de la FSA doit être examiné par la Diète (le parlement nippon) lors de sa session qui démarre aujourd'hui.

Selon des sources proches du Ministère des finances, les banques japonaises ou étrangères devront à l'avenir seulement informer les autorités de l'ouverture ou de la fermeture de succursales. Cela ne fait qu'entériner les modifications drastiques survenues dans le paysage bancaire nippon: en moins de dix-huit mois, un mouvement de concentration sans précédent a eu lieu au Japon.

Quatre grands groupes

Désormais, quatre grands groupes bancaires se partagent le marché: Mizuho (résultat de la fusion en cours entre Fuji Bank, Dai Ichi bank et IBJ), Sumitomo-Sakura, Bank of Tokyo-Mitsubishi et UFJ (résultat de la fusion entre Tokai et Sanwa bank). La plupart de ces fusions vont se faire par étapes, d'ici à 2002-2003 et devraient entraîner d'autres restructurations au sein du réseau des banques coopératives et des banques régionales encore très puissantes. Elles amèneront entre autres les établissements concernés à réduire très vite le nombre de leurs agences, et à centraliser leurs opérations.

Du côté des banques étrangères, l'impact sera moindre car seule une d'entre elles, la Citibank américaine, dispose d'un réseau au Japon. Et dans des proportions bien moindres par rapport à ses concurrentes nipponnes. La Citibank, qui vise surtout la clientèle étrangère et celle des Japonais habitués à voyager, compte 24 agences à travers l'Archipel, dont une dizaine à Tokyo. Ses bons résultats, et sa forte notoriété font toutefois réfléchir d'autres établissements concurrents, jusque-là dissuadés par la réputation des dépositaires japonais, jugés peu enclins à confier leurs économies à une banque étrangère. La banque de Hongkong et Shanghai (HSBC) réalise actuellement des études sur le sujet: «Tous ces signes sont révélateurs d'une même tendance: le marché bancaire japonais s'ouvre», confirme Jean-Pascal Rolandez, de BNP Paribas à Tokyo. Une autre dérégulation envisagée par la FSA consisterait à permettre aux banques commerciales d'étendre leur champ d'opération. Celles-ci pourraient être en particulier autorisées à conduire l'avenir des opérations de «Trust Banking», jusque-là bien séparées du reste. La seule banque commerciale à mener des opérations de ce type au Japon est la banque Daiwa. Les autres ont du créer des filiales spécifiques qui alourdissent leurs coûts. A terme, la compétition bancaire, là aussi, s'en trouvera accrue.